Ce qu'il y a de fou avec
ce film, c'est que les seules critiques négatives que j'ai entendues
à son encontre étaient assez inhabituelles : "C'est une bluette",
"C'est cucul : c'est un conte de fées pour lesbiennes"... Ben oui
et alors ? Pourquoi
nous autres lesbiennes n'aurions nous pas droit à un conte de fées
? A une belle histoire romantique ? Surtout quand elle est aussi bien
faite, hein ?
Car
ce film est bien fait. Les images sont belles, les personnages sont
beaux et bien filmés, les dialogues sont travaillés, le film peut
être aussi drôle que touchant, avec une pointe de délire qui nous
permet de comprendre que la réalisatrice elle-même n'est pas dupe
: c'est un conte de fées, on le sait, alors rêvons un peu.
Camille est professeure
de théologie dans un austère collège protestant, où le chapelain ne
rigole que pour Pâques et pour Noël, et encore... seulement quand
il y a de la dinde fumée au menu. Elle vit avec son chien Bob et est
fiancée à Martin, lui aussi brillant professeur de théologie, qui
est d'ailleurs préssenti pour succéder au chapelain. Mais un jour
tout bascule : Bob meurt et Camille est profondément bouleversée.
A la laverie automatique, elle rencontre Petra, artiste dans un cirque
alternatif, qui la console parce que ma foi, une femme séduisante
en pleurs, ça ne se rate pas. L'histoire pourrait s'arrêter là si
Petra, retorse comme seules savent l'être les lesbiennes qui flashent,
n'échangeait le contenu de leurs sacs à linge après avoir placé une
de ses cartes de visite dans celui de Camille.
J'ai
beaucoup aimé ce film. J'ai beaucoup ri, beaucoup apprécié les scènes
de cirque, superbes, et le jeu des acteurs, superbe lui aussi. J'ai
apprécié que chacun soit bien traité et non pas caricaturé, même le
personnage du chapelain ou du fiancé plaqué. Bref, j'ai aimé le côté
profondément humain au delà du conte de fées et le conte de fées en
lui-même. Et je vous engage donc à (re)voir ce film, si possible en
V.O., avec l'oeil de la grande romantique qui vit sous votre treillis.
Carole