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| D'après la véritable histoire de Brandon Teena. 1993, dans le Nebraska aux Etats-Unis, Brandon et Lana s'aiment, mais Brandon a un corps de fille... Réalisation : Kimberly Pierce Avec : Hilary Swank (oscar de la meilleure actrice), Chloé Sevigny (nominée à l'oscar du meilleur second rôle), Peter Sargaard, Brendan Sexton III, ... Durée: 1h54 Oui, oui,
on a remarqué! ! Le film est sorti depuis... le 5 avril 2000
! Toutefois, comment faire une rubrique cinéma sans parler
de ce film magnifique? Impossible !! Au départ, j'aurais souhaité écrire un article plus poussé, un article de fond sur ce film, sur ce qu'il implique. Un hommage à Brandon Teena. Il est apparu assez rapidement que le travail était gigantesque et ne pouvait être réalisé en quelques semaines. Cet article ne sera donc ni une analyse psycho-cinématographique, ni une véritable critique de cinéma. Il vous présente différentes impressions, celles de Frédérique, de Carole, de Séphanie, de Ioanna, puis les miennes. Si vous
n'êtes pas encore allées voir ce film, allez-y, ... vraiment.
C'est un film à ne pas manquer. Pour celles qui sont impatientes ou qui ont déjà vu le film, vous trouverez à la suite de nos impressions, un lien sur l'article de Libération du 05 avril 2000 d'Annette Lévy-Willard. Il donne des précisions sur Hilary Swank, comment elle est entrée dans le personnage de Brandon et comment elle en est sortie. Un film magnifique, une histoire tragique, une leçon de tolérance. |
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Il est vrai que ce film est dur à voir et pour ma part, j'ai détesté ressentir ce désir de fuir hors de la salle à chaque fois que les personnages masculins apparaissaient à l'écran... J'ai pleuré devant la cruauté, la bêtise, la violence physique et mentale... J'ai fantasmé sur un homme pour la première fois depuis longtemps, aussi... Il est vrai aussi que les critiques ont souvent transformé "l'hétérosexualité transgenre" de Brandon en l'homosexualité de Teena, alors que même les bouseux sadiques du film ont bien intégré qu'il fallait l'appeler "mec" et pas "Mademoiselle"... J'ai trouvé bien sûr cette "simplification" sinon malhonnête, du moins significative de l'ignorance de ceux qui l'ont faite. Cependant, je dois avouer que cette double lecture possible de ce film me plaît dans une certaine mesure. En effet, elle permet aux personnes homosexuelles "de sexe biologique" avec ou sans "crise d'identité sexuelle" (cf. la scène de la déposition au commissariat) et aux personnes transsexuelles ou transgenres de se retrouver, d'éprouver les mêmes sentiments le temps d'un film, le temps de s'identifier à Brandon... Le temps de sentir en même temps leurs nerfs se tendrent devant l'inconscience de Brandon vouloir être ce qu'il est, sans vouloir apprendre que c'est interdit... Le temps de ne pas fermer les yeux devant l'horreur brute... Le temps d'avoir la nausée et les poings qui se serrent devant ce personnage de flic obtus qui force Brandon Teena à se coller lui-même la mauvaise étiquette, à nier son identité à haute voix... Quand la lumière s'est faite dans la salle, personne n'a parlé, celles et ceux qui avaient pleuré ont ramassé leur kleenex, nous sommes sortis encore assommés, en deuil de ce petit mec amoureux... J'avais envie d'embrasser tout le monde dans le cinéma et de descendre dans la rue pour défendre Brandon, Teena et les autres... On ne se sent pas invincible en sortant de ce film, mais on a envie de se rassembler pour le devenir. |
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| Boys don't cry ? Pendant deux heures, et même après, longtemps après, la rage, le dégoût de cette bêtise crasse, de cette haine qui tue les gentils garçons qui veulent construire un parc à caravanes avec leur copine. Et la peur pour nous autres " queer ", qui sommes tous des Brandon en puissance. Et une phrase qui ne veut pas partir. " Brandon, petit con ! Pourquoi tu ne t'es pas tiré ? " |
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Curieux sentiment que j'ai ressenti à la vision de ce film...
L'envie de hurler, de gerber en visionnant le film dans la salle,
les larmes aussi... |
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Première réaction après avoir vu le film : essuyer les larmes qui me coulaient le long des joues (hyper-sensibilité ?). Deuxième rèaction (motivè par mon côtè radical ?) : éclater la gueule du premier mec qui me ferait une réflexion à la con (ce qui m'arrive relativement souvent : je dois avoir une tête àme faire emmerder...). Après avoir réussi lentement à refaire surface et à m'extirper de cette salle où un cauchemar venait de se jouer, je suis rentrée chez moi, la gorge serrée, les yeux gonflés, le coeur au bord des lèvres et la rage au ventre. C'est alors que j'ai repensé à Brandon, à sa petite gueule d'amour et à son étrange fascination pour les machos et les gros durs... et puis à Lana et à l»ambigüité de son personnage. Toujours fourrée avec une bande de tarés limités et intolérants, elle n'en aime pas moins dans toute sa différence un être dont elle se fout qu'il soit femme ou homme. Comment ne pas me remémorer aussi ces quelques premières minutes du film où Brandon (que le spectateur ne sait pas être encore Brandon) se fait couper les cheveux... laps de temps qui m'a laissée dubitative, dans cette situation troublante d'indécidabilité. S'agit-il d'une femme ou d'un homme ? Quelle question idiote... motivée par une éducation prise en main par une société au fonctionnement hétérocentré... je me suis sentie tout d'un coup bien conditionnée, bien dressée. Beuark ! Est-ce si important que de savoir de quel sexe est la personne que l'on a en face de soi ? En tous cas, Lana nous dit que non... Boys don't cry n'est qu'un film, qu'une fiction... La réalité est bien pire et ce que Brandon a subi n'est malheureusement qu'une histoire atroce parmi tant d'autres que l'on tait. Boys don't cry veut nous préserver de l'oubli... Pour ne pas oublier ce que peut générer l'intolérance quelle qu'en soit la forme... merci à Kimberly Pierce.
Nous
n'étions pas trop de trois copines à la sortie de la
salle! C'est ce que j'ai senti en sortant et c'est ce que je ressens chaque fois que je repense à ce film. Je ne savais pas que c'était une histoire vraie, je ne savais pas non plus exactement de quoi parlait le film. Je savais que Hilary Swank avait eu l'oscar de la meilleure actrice pour son interprétation de Brandon. Ah ça! Elle le mérite son oscar! Mais ce film va beaucoup plus loin qu'une très belle performance d'actrice! C'est la tolérance contre l'intolérance de nos différences, la souffrance de ne pas être admis tel que l'on est, sans se soucier de notre genre, de notre sexualité. J'ai été très touchée par la souffrance de Brandon, par l'amour de Lana. Mais également par cette force de caractère et cette inconscience qui caractérisent Brandon. Dans Better than chocolate, film (que j'ai beaucoup aimé) passé au festival lesbien du cinéma en octobre, j'ai eu un aperçu de ce que pouvait être un transsexuel. J'avais entendu le mot, sans arriver à comprendre. Avant je n'avais qu'une idée assez vague de ce que pouvait ressentir une personne qui se retrouve avec un corps qui n'a pas le bon sexe, dans la mauvaise enveloppe. Là, dans Boys don't cry, nous suivons Brandon de près. L'identification à ce garçon est clairement possible. Nous sentons ce qu'il vit. Quand il doit s'expliquer à Lana sur sa présence dans le quartier femmes de la prison, on sent toute la difficulté d'exprimer qui il est. "Je suis hermaphrodite..." dit-il. S'affirmer comme homme alors qu'il a un corps de femme, et que la société ne lui reconnaît pas le droit légitime d'être lui-même, c'est surhumain, une force de caractère hors du commun. La rage qui gronde, qui se fait sentir encore plus qu'avant, me donne des envies de crier plus fort STOP à l'intolérance, à l'exclusion, à cette bêtise humaine issue de l'ignorance. C'est un besoin encore plus intense de parler, de discuter, d'informer qui m'a saisie pour que les différences qui nous définissent tous ne nous séparent pas mais nous enrichissent.
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