Le film commence par quelques mots sur un écran de PC "j'aime Eliiiiiiiiiin". Agnès et Elin sont adolescentes. L'une est amoureuse, l'autre s'ennuie à mourir dans un trou perdu au fin fond de la Suède, Amal. Un soir, pour gagner les 20F d'un pari, Elin embrasse Agnès.

Je vous le dis tout de suite, j'ai beaucoup aimé ce film. Il est agréable à découvrir. Il est filmé avec simplicité, sans ralenti, sans explosion, sans effets spéciaux. C'est une histoire d'amour entre deux adolescentes, dans un Trifouilli-Les-Oies suédois. Les sorties des jeunes se résument à "flirt, cuite du samedi soir, jeux télévisés bidons...". Les garçons sont machos et bêtes, les parents un rien ringards. Bref, tout ce qu'il faut pour s'épanouir quand on est une jeune lesbienne en devenir ! Si vous voulez du torride, du sanglant ou du suspense, ce n'est pas Fucking Amal qu'il faut louer, mais plutôt Bound (dont je suis fan, soit dit en passant!).

Je me suis laissée prendre par l'histoire,... je m'y suis un peu retrouvée. Les actrices, Alexandra Dahlström (Elin), Rebecca Liljeberg (Agnès) ont respectivement 14 et 18 ans et leur spontanéité dans le film est charmante et nous berce dans une semi-réalité très agréable. Moodysson, le réalisateur, dépeint avec justesse et simplicité les blessures qu'infligent à une adolescente une fête d'anniversaire sans un invité, des conseils parentaux bienveillants mais à côté de la plaque, le rejet par les autres qui sont "in". Les sentiments et les sensations d'Agnès et d'Elin sont brossés avec un naturel très agréable et appréciable.

En sortant de ce film, j'ai eu envie de le revoir, je me sentais... comment dire... vous savez... C'est cette sensation que l'on éprouve quand un conteur ferme le livre et qu'on réalise que l'on était complètement rentrée dans l'histoire. Oui, vraiment j'ai apprécié ce film. Et puis ça finit biennnnnnn. Et j'adore çaaaaaa!

En Suède, Fucking Amal est un phénomène de société. Il a poussé presqu'autant de personnes dans les salles que Titanic (bon d'accord, ce n'est pas forcément un compliment pour Fucking Amal, mais bon...). Il est l'heureux lauréat du Festival du Film International de Berlin et a gagné quatre "oscars" suédois : meilleure réalisation, meilleur scénario et meilleures actrices ex-aequo pour les deux héroïnes. Dans la presse d'outre-atlantique, on peut lire: "(...) the film doesn't need false melodramatics to achieve its power." dans Newsweek, par David Ansen, ou encore "Show Me Love hasn't the polish of its hipper American counterparts ; it has something far more important, and that's a heart." dans The Independent par Anthony Quinn. Show me Love, vous l'avez compris est le titre anglophone de Fucking Amal (anecdote en passant : en slovaque, la traduction est Love is Love (Laska je laska) à cause d'un fucking word qui n'était pas très poli dans le titre suédois. A ceci il faut tout de même ajouter que "Laska je laska, kdyz chodej kluci s klukama a holky s holkama" sont les paroles d'une chanson slovaque qui veut dire - Love is love, when boys go out with boys and girls with girls". Le réalisateur a finalement apprécié la traduction slovaque du titre de son film. Nous aussi, n'est-ce pas?).

Louez ce film ou allez le voir quand il passera de nouveau en salle, vous passerez un agréable moment et, si vous aimez les jolies histoires d'amour qui finissent bien, nous serons au moins trois à aimer ce film dans le monde francophone (vous, ma douce et moi !).

Sabine

Un site sur Fucking Amal : http://www.fuckingamal.fr.st