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La première fois... Celle qui se jette à l’eau |
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Ouh la la ! Ça m’a pris comme un véritable coup de tête ! Il faut dire que je commençais à en avoir un peu marre de regarder les autres vivre leurs folles amours sous mon nez. Et moi toujours rien ! Quelques petits flirts d’ado avec garçons et filles mais rien de plus. Et pourtant ça commençait vraiment à me travailler (Passé 20 ans c’est normal non ?). La nuit mes rêves étaient fort intéressants, quoique passablement perturbants. Du coup je faisais beaucoup de sport et je passais pour la rigolote de service auprès de mes amis. Ce qui me chiffonnait quand même pas mal c’est que ces fameux rêves mettaient surtout en scène des femmes. Au début j’ai eu un peu de mal à organiser ça dans ma tête mais en y ajoutant la façon dont mon corps réagissait au contact de certaines filles et de quelques lectures bien choisies, j’ai dû me rendre à l’évidence : j’étais attirée par les femmes ! Un fois ce fait établi, je n’étais pas plus avancée. Dans mon petit village perdu, des filles il y en avait, mais des filles pour les garçons, pas pour moi. Au lycée, pas évident non plus. Passer pour la boute en train me permettait surtout de cacher ma timidité. J’étais plutôt la bonne copine qui amuse la galerie et qui a toujours du temps libre pour écouter les autres (tous sexes confondus). Mais elles sont où les femmes qui aiment les femmes ? Comment on les reconnaît ? Comment on les aborde ? Je commençais à désespérer alors j’ai pris mon courage à deux mains et dès que j’ai eu une voiture je suis partie à la conquête de la ville. J’ai commencé par faire le tour des associations dont j’avais fini par trouver la liste quelque part. Vite fait quand même, elles n’étaient pas nombreuses et pas toutes pour moi. Là aussi j’ai rapidement amusé tout le monde par mes pitreries, ce qui m’a permis de nouer des contacts sympathiques et amicaux. Seulement amicaux ! Et donc un soir, le coup de tête ! Mes nouvelles connaissances m’avaient parlé d’un bar assez sympa où il y avait souvent pas mal de filles, et même des bien, et même des libres ! Alors je me suis jetée à l’eau. Enfin avec prudence quand même. J’ai appelé deux copines à la rescousse pour ne pas me retrouver bêtement seule au comptoir, mais j’ai refusé leur proposition de dormir sur leur canapé après. J’avais vraiment décidé que ce serait ce soir là, si seulement l’occasion voulait bien se présenter, alors pour parer à toute éventualité, j’avais pris une chambre d’hôtel, le grand luxe pour ma petite bourse de l’époque. Ça y est ! On pousse la porte du bar. Je suis décidée mais j’ai quand même l’impression que je vais disparaître sous terre quand je franchis le seuil. Ambiance plutôt sombre avec quelques éclairages indirects. Assez de coins obscurs pour reprendre calmement mon souffle en commençant mes investigations. On est en milieu de semaine alors c’est pas la grande foule et puis il est encore tôt. C’était volontaire d’arriver tôt, pour prendre possession des lieux avant qu’elle n’arrive. Elle ? Je ne sais même pas encore à quoi elle ressemble mais je sens que je vais la rencontrer ce soir. Le bar se remplit lentement et personne ne semble faire attention à moi. Il y a une petite piste de danse où mes copines m’entraînent en me disant que je verrai mieux en bougeant. Je me sens un peu gauche et je ne sais plus où poser mon regard. Où plutôt si je l’ai vue Et j’ose à peine me tourner dans sa direction. Elle s’est installée au bar et discute devant un verre. Moi je lui tourne le dos mais la glace me renvoie son reflet. J’ai chaud. Je ferme les yeux Quand je les rouvre son reflet n’est plus la. Partie ? Entraînée par une autre dans un coin ? Non ! Elle est la, tout près. Elle danse, juste à côté de moi, presque contre moi, je le crois à peine. Nos regards se croisent dans la glace Sourire Nos corps bougent dans le même rythme J’ai l’impression de me glisser dans ses mouvements. Nous dansons ensembles sans nous toucher. Mon corps la suit et je me sens de moins en moins timide. La musique ralentit, devient plus langoureuse ou c’est moi, je ne sais pas Face à face, juste quelques centimètres, millimètres d’air vibrant entre nous. Elle se penche vers mon oreille : « J’ai vu ton regard quand j’étais au bar » et dans le même souffle : « Tu veux ? ». Oui, oui, oui ! bien sur que je veux, que je la veux, que je la veux contre moi. Léger mouvement pour poser ce oui sur son cou si proche de mes lèvres et mon corps dans ses bras Je me laisse envahir un peu plus par cette chaleur que je sens enfler dans mon ventre contre son ventre Nous n’avons pas attendu la fermeture. J’avais envie de fuir avec elle, ailleurs, où il n’y aurait plus que nous deux et sa peau. Ne pas laisser le temps aux questions inutiles, ne pas laisser d’hésitation s’installer. Je l’entraîne vers ma chambre d’hôtel, ignorant le regard du veilleur de nuit. Je m’en fous de ce qu’il peut penser, cette nuit est à moi, avec elle. La porte de la chambre se referme sur un premier baiser, vrai baiser de désir, long et enivrant. Elle me déshabille lentement en longues caresses de ses mains. Sans copier ses gestes je la suis, découvrant ce corps qui me fait frissonner, presque trembler Elle explore ma peau du bout des doigts, du bout des lèvres et je me laisse emporter vers ces sensations que mes rêves m’avaient seulement fait entrevoir. Je découvre ce corps de femme si semblable au mien et pourtant si différent. Je m’émerveille de ses frissons, de ses soupirs qui naissent sous mes gestes Toute une nuit de découvertes et de plaisirs. Je vis J’explose les étoiles Douceur et tendresse aussi quand elle s’endort contre moi. Dans le petit matin, quand je lui ai dit que c’était la première fois, elle a eu du mal à me croire |
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Mireille |
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