Pourquoi ? Pasqueeeeeeeeeuhhhhh !!!



Que faire quand en rentrant du boulot, un soir de fin d’été, ma douce me demande de but en blanc pourquoi « on a quand même du mal » avec les hétéros… ?

J’ai envisagé quelques réactions du type :
  • partir en courant dans la pièce du fond (mais dans un appart de 30m² c’est pas évident)
  • ne pas entendre/comprendre (mais allez savoir pourquoi, la question fut répétée en bonne et due forme)
  • amorcer un passionnant débat sur les résultats du jour des JO (Mauresmo a perdu ? Ah dommage…)
Bien entendu il a fallu répondre ou tout du moins se creuser le ciboulot un peu plus d’une nanoseconde.

Je ne peux décemment pas accepter l’idée que le fait de faire l’amour d’une façon ou d’une autre puisse changer quoi que ce soit aux rapports de base en société. Si d’aucuns se satisfont de cette sortie à la fourberie, sauce Scapin, moi pas. Et elle non plus, surtout !

Creusons donc… « Ma chérie, pourquoi cette question ? »
Parce que la petite collègue si sympa au bureau … et patati… pourquoi ce ghetto… et patata… le milieu… et gnagnagni… fermeture au reste du monde… et gnagnagna…

Ok, ok ! Je reconnais la chanson.
(et au passage, je me transforme mentalement en orange sanguine, et je fonce toute tronçonneuse en avant sur la dite collègue : Pasqueeeeeeeeeuhhhhh !!!)

Théoriquement, perso-moi-je… n’ai pas d’a priori sur les hétéros. D’une part je l’ai été (nulle n’est parfaite), d’autre part j’ai de très bons amis qui…
Et pourquoi je ne les vois pas souvent ?… On tourne en rond, isn’t it ?

Loin de moi l’idée de foncer tête baisser dans l’analyse sociologique approfondie. Je ne peux que tenter de vaguement comprendre le pourquoi de nos bâillements, ma belle et moi, au cours de ces soirées à dominante hétéro dans lesquelles nous nous fourvoyâmes ces derniers temps….

À ce stade de mon cogitum, je me suis dis : et si on prenait la question sous un autre angle ?
Bon, le virage à 180° n’apporte rien de très concret : « et pourquoi les hétéros ne nous acceptent pas ? » Et pan, direct dans le mur, faut débat, on ressort les banderoles et on défile dans le Marais.
Voyons voyons… Et si je dis : « Quels sont les critères qui nous font nous considérer comme homos en opposition aux hétéros ? »
Le seeeeeeeeeeeeeeske ! – Nan, nan.
Les normes sociales… – Aaah on approche, élève Tranq. Et dans un rapport de proximité, avec les proches, les amis… ?
Euh… le fait que dans l’intimité, on recrée une micro société ? – Pas mal. Et donc… ?
Une micro société à notre image, selon nos règles et notre vision quotidienne des rapports humains, des rôles (ou pas), etc.

Peut-être donc, que notre homosexualité est plus qu’une simple préférence sexuelle, non ?
Peut-être qu’il s’agit d’un mode de vie réinventé, hors des normes sociales hétéro-papa-manman, loin du travail-famille(hétérote)-patrie (à repeupler par la procréation).
Peut-être que sans devenir hyper progressiste, cela implique des choix de vie autres.

Et donc, partant de là, ce qui nous rassemble –comme couple ainsi que dans notre rapport à la société– ce (ceux ?) qui nous rassemble, donc, nous ressemble.
Car somme toute, nos amis, nos lieux de sortie, notre librairie favorite, le petit resto qu’on aime bien etc. tout ça constitue notre noyau "famillial" recréé (pardonnez l’extrapolation). Au sein duquel notre si joli petit couple veut et va s’épanouir en toute sérénité. Sans bataille de reconnaissance, sans souci du regard non averti, avec les petits soucis de tout le monde, mais vécu… « un peu à notre façon ».

Alors je lui réponds quoi à ma douce ?
… « Parce qu’ici commence notre famille de demain, et qu’on ne va pas commencer par faire dans le pédagogique et expliquer encore et toujours le pourquoi du comment de ce que c’est que l’homosexualité. »

D’ailleurs c’est bien simple : si on n’est pas homosexuel, on ne peut pas comprendre ce que c’est. Et si on l’est… ben on ne peut pas l’expliquer. Na.

Et d’ailleurs à quoi bon ?


Tranquillou


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