L’amour est enfant de Bohèmeuuuuuuuhhhhhh


©natacha.lemoine@tiscali.fr


Pacs… Mariage homo… Homoparentalité… Droit à l’indifférence…
Voilà, sans ordre hiérarchique ou historique, nos zones de militance depuis quelques années. Et, franchement, je dois dire que je ne suis pas toujours à l’aise avec tout ça.
Pourtant, je vis en couple depuis longtemps, « maritalement » comme dit mon assureur. Nous avons dû batailler pour trouver un moyen pas trop défavorable d’acheter une maison ensemble. Nous nous sommes pacsées après 12 ans de vie commune. Et puis, bien sûr, je trouve inadmissibles les inégalités entre couples homos et hétéros et je m’insurge devant les difficultés rencontrées par les amies voulant élever leurs enfants comme 2 parents aimants etc. etc.
Mais…
Puisque je ne suis pas à l’aise avec tout ça, c’est qu’il y a un « mais ».
Le « mais »,c’est que je n’ai pas forcément envie que ma vie affective rentre dans le cadre super défini du modèle standard du couple. Je n’ai pas forcément envie que mon amour, mes amoures, soient simplement « conformes », « acceptables ». Je n’ai pas simplement envie d’entrer dans un moule qui, après m’avoir dit qui je dois aimer, vient encore m’expliquer comment, selon quelles règles, fixant ce que j’ai le droit de faire ou pas.
L’amour est subversif et remet toujours en cause les boites dans lesquelles on voudrait le confiner. Il existe en dehors des règles du temps et de l’espace, le temps d’un regard, d’un geste, l’espace d’un instant ou d’une vie.

Alors oui, j’ai parfois l’impression de participer à un combat d’arrière-garde qui ne me concerne pas tout à fait. Comme un sans-papiers réclamant une carte de séjour alors qu’il voudrait voir disparaître les frontières et les états.

Attention, je n’ai pas dit que je rejetais pour autant ces revendications, qui se justifient totalement par des principes élémentaires d’égalité des droits. Je ne suis pas forcément plus à l’aise, voire encore moins, avec les discours de ceux qui se considèrent « au-dessus de tout ça », comme des poissons nageant dans les eaux troubles d’un individualisme excentrique et élitiste.

Une copine me disait, il y a peu :
« Le mariage homo OUI, nous nous battrons jusqu’au bout pour l’obtenir, rien que pour le principe, mais si personne ne se mariait une fois que nous aurons gagné (car nous gagnerons, bien évidemment ) ? Juste pour le plaisir de les narguer… Hein, hein ??? »



©natacha.lemoine@tiscali.fr


Mireille


 © 2004 feesdulogis.net