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À la recherche de la moule perdue…
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6 septembre 2003, Paris-Gare du Nord 20h00 : Ma copine et moi prenons place dans le TGV en partance pour Lille. C'est le 1er week-end de septembre, celui de la plus grande braderie d'Europe, deux jours non-stop sans foi ni loi pendant lesquels chacun vend, achète, boit, mange, se saoule, danse et fait du bruit 21h00 : Descente du train Sur le quai, nous ne sommes pas seules... Ça fourmille déjà. 21h05 : Sortie de la gare. Une vague noire nous attend : LA FOULEEEEEEEE La soirée et la nuit sannoncent insolites et palpitantes. 21h06 : Rythme lent de nos pas. Autour de nous, la foule s'agite et bientôt nos estomacs, distraits par le parfum des kebabs et la vue des assiettes de moules-frites, suivent le mouvement. Mais nous ne mangerons pas « Aux moules » ce soir. Devant ce restaurant mythique -- chaque année vainqueur du traditionnel concours du plus haut tas de moules -- s'accumule une file dattente époustouflante. Nous voilà donc à la recherche de la moule-frite ne dépassant pas 15 euros parce que Braderie ou pas, faut pas déconner ! :-) 23h00 : Ouf ! On tient enfin notre resto, qui s'avère être une brasserie : « Chez André », rue de Béthune. Nos moules-frites fraîches sauce poulette (ça ne sinvente pas, cest clair :-)) sont les meilleures qu'on ait jamais croisées. Delicious, very delicious, la bière est fraîche, le service impeccable, que du bonheur ! :-) 00h30 : Fin de la bouffe. Objectif : dégoter les points chauds des restes de canicule :-). Il fait 17 degrés, on veut de lambianceeeee, on a la nuit devant nous. Pas question de dormir à la belle étoile :-) et on peut oublier lhôtel car tout est complet depuis des semaines. Nous nous laissons guider par le bruit... quelques déambulations festives plus tard, nous décidons daller nous poser au « Ptit Marais » 3h00 : Rue Le Pelletier. Il faut se tailler un chemin parmi les humains dansants (faut pousser) et les trottoirs équipés de pompes à bière (faut pas tituber). Cette nuit-là, la pression nest pas chère et ça se voit :-). On arrive enfin au « Ptit Marais » LE bar tendance gousses de Lille. Surprise ! Ce soir la gousse est moustachue et hétéro :-). Où sont les femmes ? Incongru comme question ? Pas vraiment :-). Les personnes vont et viennent librement et investissent le comptoir La musique et lagitation du dehors pénètrent dans le bar. Le lieu est petit On est vite serrés Un point positif : il fait chaud :-). Devant nous, des hétéros sympas et heureux dêtre hétéro. Sur notre gauche, deux gousses isolées font tapisserie. Deux autres hétéros, échoués par hasard, se tortillent en se roulant des pelles Nous faisons de même et là, dans leur regard, cest la stupéfaction La nana est limite mal à laise :-). Ben quoi. Ce n'est pas de l'exhibitionnisme, c'est de la résistance ! :-). Mais plus le temps passe et plus l'atmosphère se renforce dans la moustache. Plutôt légère au début, celle-ci vire à la beauf-attitude lourde à tendance macho picolo :-/. Un individu tente dinviter à danser de manière lourdasse une des tapisseusses. Quelques survivantes essayent bien de mettre un peu dambiance nana là dedans lune delles se trémousse sur la musique en s'écriant : « Allez, on bouge son corps ! ». Sûr, elle est motivée ça se voit :-). Après quelques secondes, elle sarrête et presque in petto dit : « Bah, il y a bien beaucoup de mecs, ici ? ». Éclair de lucidité ? On saventure à demander à une nana du staff si cest toujours comme ça. On nous répond que non que cest leffet braderie. Ah, Braderie, que naccepte-t-on pas en ton nom !... :-) Un type vient sasseoir à côté de nous et dans son état second nous mâte, mâte et remâte. L'atmosphère commence vraiment à peser Ça nous agace un peu, ce voyeurisme insistant et picolo beauf. Bref, découragées par la file dattente de mecs alcoolisés conduisant aux toilettes, on décide de partir On ne peut quand même pas cautionner un lieu à tendance lesbien dans cet état et même à loccasion de la Braderie De toute façon, la résistance devient limite dangereuse ;-). 6h00 : Le soleil se lève. Nous commençons sérieusement à rêver d'une bonne couette, alors doucement, nous nous acheminons vers la gare. La foule de 10 heures plus tôt a fait place aux rescapés de la nuit endormis au milieu des papiers gras et autres canettes de bière. La vague noire a laissé derrière elle 75 kilomètres de déchets et des tas de moules qui, pour certains, avoisinent les deux mètres de haut. 7 septembre 2003, Lille-Flandres 8h00 : Un peu de TGV et nous voilà à Paris. 9h00 : Métro, douche et dodo. 17h00 : Réveil moulu, affamé et heureux :-) |
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