Ce mois-ci, l’automne nous est tombé dessus avec violence. Au retour du froid et de la pluie, les Fées transies accouchent d’un numéro peu étoffé (début d’hibernation ?) et surtout d’un coup de gueule.

Cet édito pourrait s’intituler « du politiquement correct » ou « de la tolérance ». Le politiquement correct est, pour mémoire, une formidable invention de nos cousins américains. Grâce à lui, on ne parle plus d’aveugles, mais de gens qui voient mal. De mon côté, je suis certainement, comme la plupart de nos lectrices, une personne à la sexualité alternative. Je n’ai rien contre ce cheminement de pensée, mais je n’ai aucune raison d’y adhérer. Là où je sors de mes gonds, c'est quand on le renvoie aux Fées en pleine figure lorsqu’elles s’indignent légitimement de propos homophobes tenus sur le chat (#ama-zones) ou sur le forum. Des provocatrices en culottes courtes expliquent en effet sentencieusement aux modératrices qu’elles ont le droit de ne pas aimer les pédés et les gouines. Au nom de quoi, me direz-vous ? De la liberté d’expression, voyons !

Les premières fois où j’ai protesté très fort, on m’a dit « Agnès, arrête de râler », oui je suis une râleuse et je l’assume, « Il faut bien que jeunesse se passe ». J’ai été jeune, enfin selon toute vraisemblance je l’ai été, et je ne me souviens pas d’avoir bavé sur mon prochain, hétéro ou gay. J’ai essayé de dialoguer avec les perturbatrices et j’ai dû me rendre à l’évidence : voilà, je suis déjà une vieille conne de 26 ans. Je tremble en songeant à cette génération spontanée de jeunes lesbiennes qui ne veulent pas « ressembler à une gouine ». Une gouine, je l’ai appris aujourd’hui, a les cheveux courts, de grosses chaussures et elle n’aime ni les mecs ni les hétéros (sic).
Ces papesses de la tolérance ne supportent pas non plus les pédés qui font l’amour -- non, qui baisent, d’ailleurs -- de façon dégueulasse. Vous avez déjà entendu ça quelque part non ? Ah oui ! Dans la bouche de Tonton Robert, le seul membre de votre famille à voter pour un parti pas très ragoûtant. Il n’aime pas non plus les pédés, Robert !

Quand j’ai mal comme aujourd’hui à mon homosexualité, je me tourne vers mon bébé goudou à moi qui a assumé son homosexualité à 18 ans et qui, depuis, ne cesse de réfléchir. Nous franchissons ensemble des étapes dans notre vécu. Je le dis ici car je ne veux pas faire du racisme anti-jeunes, pas uniquement pour parler d’elle… ;-)

Je voudrais en conclusion de ce coup de gueule en forme d’édito (et inversement) rappeler que les Fées du Logis sont ouvertes d’esprit, promptes au dialogue et qu’elles ne sont en aucun cas les garantes d’une pensée lesbienne et féministe unique. Les Fées n’aiment pas l’intolérance, c'est tout.

PS : Nous vous donnons rendez-vous à Paris pour le désormais traditionnel festival Cineffable (quand les lesbiennes font du cinéma), du 8 au 11 novembre. Dans la joie et la bonne humeur, bien sûr :-).


Agnès pour FdL


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