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Editorial octobre 2002Voici l’automne. Bientôt l’hiver. Voici venu le temps de la censure, la répression et de la moralité bien pensante. La rentrée fut triste, l’après rentrée l’est tout autant...
La Coordination pour le droit à l’avortement et à la contraception et l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens sont remplacées par la Confédération des associations familiales catholiques et les Familles de France. 2 associations catholiques rétrogrades dans un organisme laïque républicain. - 6e édition de l’Existrans, manifestation pour les droits des personnes transsexuelles. Les 300 manifestants, qui avaient obtenu une autorisation préfectorale, sont repoussés sans ménagement par les CRS au mépris des règles élémentaires du droit à la manifestation. - Le CSA veut bouter la pornographie de la télévision. En attendant l’autorisation gouvernementale, Baudis tranche dans le vif des autorisations des chaînes à chaque renouvellement. A ce rythme, même sans autorisation, le porno aura quitté le petit écran dans 4 ans. Le porno hétéro ne m’enthousiasme pas, la censure encore moins. Avec Baudis, aucune chance de voir un jour un vrai porno lesbien ou non-sexiste à la téloche - Pour les livres aussi, la censure rôde... Raconter une fiction dans laquelle un pédophile s’exprime met en grand danger les petits enfants (comme le porno). On menace de censurer en ressortant une vieille loi de 1949 (chouette période, aussi, il faut dire) sur les « publications présentant un danger pour la jeunesse ». Des fois que la pédophilie s’apprenne dans les livres...
- Les prostituées (traditionnelles ou victimes des réseaux) sont reléguées dans des
endroits discrets où on ne les entend pas crier quand un malade les agresse. Au mieux,
leurs revenus baissent dramatiquement, au pire l’agression... Traiter de la question de
leur statut ? Pourquoi faire, on ne les voit plus. - les SDF sont virés des beaux quartiers et parfois de la ville. Où vont-ils ? Dans quelles conditions vivent-ils ? Qui se pose encore la question ? - Les petits enfants qu’il convient de protéger des dangers ignobles de la pornographie et de la littérature peuvent toutefois être incarcérés dans des « centre éducatifs fermés » à partir de 13 ans. les éducateurs ont déjà constaté et rapporté les ravages de ces centres de détention pour mineurs. Mais Sarko a tenu bon. Rassurons-nous, une fois en prison, les chers petits ne pourront pas passer le temps en matant des porno à la télé, ni en lisant les livres tendancieux. La prison, c’est bon, mangez-en ! Je m’arrête là, mais la liste n’est malheureusement pas exhaustive... Alors si vous militez déjà, c’est bien continuez, mais si vous êtes rentré chez vous juste après les « fabuleuses manifestations citoyennes » de l’entre deux tours, il serait peut-être temps de ressortir ! Parce que si en quelques mois ils ont réussi à faire passer tout ça sans que rien ne bouge, je me demande dans quel état on sera dans cinq ans.
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