C'est pervers, c'est insidieux, l'enseignement ! Bouh, les vilains !

Euh... je vais me faire des ennemis,avec un titre pareil, d'autant plus que je bosse pour l'Education Nationale, mais bon, je leur en veux. Nous sommes
mardi et cela me fait, depuis le début de la semaine, deux occasions de
constater que l'enseignement peut parfois concourir à rendre débiles des
cerveaux qui ne peuvent pas se payer le luxe de fonctionner moins bien.
Après m'être énervée, je m'explique.

Aujourd'hui, j'ai assisté à mon premier cours sur "l'auto-représentation de la femme dans la littérature américaine".
Avec des auteures comme Toni Morisson ou Margaret Atwood, il était évident que les questions du féminisme et de "l'aliénation" (je ne raffole pas de ce terme, mais c'est faute de mieux) de la femme seraient évoquées. Là,c'était juste la présentation du programme : la prof expliquait quelles seraient les grandes lignes de son cours. ET lorsque le féminisme est venu sur le tapis, elle a balayé le sujet (le tapis ? Jeu de mots foireux) en nous disant que ce n'était absolument pas son propos (ce que je comprends plus ou moins, pour le principe : il est concevable, dans un cours de littérature, de ne pas vouloir faire de sociologie), MAIS ses mots ensuite ont été : "moi, de toutes façons, les féministes, je ne les supporte pas !"Je précise qu'elle a ajouté un
discret "mais je les respecte". Et là vient le plus gratiné : la classe, composée
à 95% de filles, a ECLATE DE RIRE (enfin,sauf la fée du dernier rang, près du
radiateur). De tels propos, pourquoi ? Parce qu'elle voulait éviter un débat ? Parce qu'elle avait peur de passer, dans l'esprit de quelques simplets ou simplettes, pour une  vilaine-frustrée-qu'aime-pas-les-mecs-et-qui-compte-bien-faire-sa-féministe ? Ou alors par pure connerie ?
J'opterais pour la dernière solution, d'autant plus qu'elle a ensuite expliqué son refus d'entrer dans la psychologie des personnages de roman par un superbe "ça ne se fait plus depuis la critique de Roland Barthes" Sauf que la critique littéraire ne s'est pas arrêtée dans les années 70, ma cocotte ! (oui, je sais aucun intérêt,c'est juste la littéraire chiante et tatillonne qui parle, là)
J'ignore si le pire était la déclaration de cette prof ou les rires des trente bécasses qui l'écoutaient, ou encore le fait d'entendre ces propos dans la bouche d'une femme. Je vous laisse vous faire une opinion. Moi, désormais, je vais sécher mon cours.
Je me désole d'entrer dans un métier où, en toute impunité, les gens peuvent insuffler leur idiotie à d'autres gens dont les facultés de discernement sont à ce point atrophiées. Je suis choquée, voilà.
Bon, un autre truc réjouissant et amusant. Hier, j'avais cours de chinois (nan, c'est pas ça qui est réjouissant). J'ai appris que le pictogramme "paix" était représentée par une femme à genoux (sous-entendu devant son mari) sous un toit. Et le pictogramme "discorde", je vous le donne en mille... DEUX femmes sous un toit ! Au fond, les Chinois n'ont peut-être pas tort : ma prof de littérature et une femme douée d'un peu plus de jugeote, sous un même toit, ben... c'est effectivement la discorde, et je le déplore.

 

So