Trucs de filles


" Mais, euh… comment vous faites au lit ? "
Qui n'a jamais entendu cela de la part d'un pote hétéro pas très imaginatif ou de la meilleure copine, un brin rougissante ?
Sur le moment, la question peut sembler naïve voire même sotte. C'est vrai quoi !
" Ben, euh… on a des mains… pis une langue, hum… "
Fin de la discussion. Comme quoi la réponse ne s'impose pas d'elle- même…

Ouuuuuiiiii… mais encore ?
C'est ce " mais encore " qui me turlupine.
Parce que c'est vrai, vous faites comment, vous, au lit ? ? ? C'est quoi vos " trucs ", les filles ?
Je ne suis ni le pote vicelard qui s'ignore ni la bonne copine coincée, mais une lesbienne épanouie outée et heureuse de l'être (et en couple, accessoirement ;)). Bon. Mais la sexualité des femmes entre elles reste pour moi une sorte de nébuleuse floue et mystérieuse…
J'ai eu beau essayer de lire quelques trucs à ce sujet, pour une fois, la théorisation écrite n'a rien éveillé en moi de concret.
C'est donc avec plus ou moins d'entrain et de conviction que je me suis tournée vers les copines. Mais allez donc faire parler les lesbiennes de leur sexualité, sérieusement (plus de 5 minutes, s'entend) et de façon un minimum cohérente ! !

Pourquoi en arrive-t-on tout de suite à parler de gode-ceinture ? Perso, j'en ai jamais vu de près et je ne connais pas (euh… bibliquement ou non) d'utilisatrice de cet outil récurent des fantasmes (délires, clichés ?) goudouesques. Alors de deux choses l'une : ou j'ai vraiment pas eu de chance dans mes rencontres sexualo-amoureuses ou ce genre de pratique est inversement proportionnelle à la quantité de salive qu'on utilise à en parler.
Parce qu'on ne me fera pas croire que notre sexualité se limite aux godes… ça reviendrait à rejoindre l'opinion selon laquelle une femme (et a fortiori deux) ne peut avoir de sexualité sans appendice mâle. Et là, chuis pas d'accord ! (Rassurez-moi, vous non plus ?)
Passons.

Dans le genre sujet à périphrases… Ze famous point G !
Là, c'est le pompon, si je puis dire. Il est où ? Existe-t-il réellement ? L'avez-vous trouvé, sur vous, sur votre copine ? Est-ce vraiment si top ? Etc…
Alors là, c'est pas compliqué, je passe non seulement pour une mal baisée (pardon pour les âmes sensibles), en plus pour un mauvais coup (mais ma copine ne s'en plaint pas, alors je me dit que ça va) et en prime pour une andouille !
Cela semble tellement " évident " pour tout le monde… Mais il est des évidences qui ne sont évidentes que pour soi. C'est bien beau de se retrancher derrière elles, mais moi, ça ne m'explique rien de plus… :) Et sans rire, ça m'interpelle!

Faut dire aussi que je ne suis pas soutenue dans ma quête…
Ma copine, ouverte à toute proposition, n'en fait aucune ; mes ex… sont des ex et donc je préfère pas savoir ce qu'elles font depuis moi ; quant à mes futures… euh… on ne s'est pas encore rencontrées ! Et pis, aller savoir pourquoi, je m'imagine assez mal aborder une jolie brunette en lui posant direct des tas de questions sur ses habitus sexuels… paraît que ça ne se fait pas ;-) Et si je pressens bien un peu de fantaisie chez quelques drôles de dames, les modalités pratiques de certains us et coutumes m'échappent.
Alors bon, en attendant, je vais me cantonner au traditionnel (mais toujours délectable) cunni, relire le savoureux " Monologue du vagin " et refaire le monde (sexuel) des lesbiennes… une autre nuit !


Car il est manifeste que, ce soir, je ne me pose pas les bonnes questions…
Et puis, comment se fait-il que je m'en pose, d'ailleurs ? D'où me vient cette interrogation latente ?
Quels sont les vilains tabous qui nous verrouillent le langage et la communication ? D'où vient cette impossibilité à parler avec naturel de CE sujet, qui nous touche de près, il faut bien l'admettre ? Et partant de là, que dire aux " nouvelles ", aux timides, aux effarouchées, aux interrogatives et j'en passe… ?
Beaucoup de " ? " pour bien peu de certitudes, en somme.
Parce que nous vivons dans une société qui cantonne la sexualité entre femmes aux films érotico-pornos italiens, à deux ou trois fantasmes basiques de mâles en rut et … Ben, c'est tout ! Dès le plus jeune âge, on commence à avoir accès à d'intarissables sources d'information sur la sexualité hétérote, de la cours de récré (ok, on fait plus fiable) aux livres éducatifs.
Même les gays ont des séries TV de nos jours (mille mercis à " l'ancienne " pour m'avoir fait découvrir l'inénarrable " Queer As Folk ").
Mais les lesbiennes… keud !

Alors, si je ne donne ici aucune réponse, ça n'est pas pour créer un effet de style ni un jeu de manches… C'est juste que, sincèrement, je n'en ai pas l'ombre d'une seule. Juste tout un tas questions en vrac.
Chacune en fera ce qu'elle pourra.


Tranquillou


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