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Interview avec Sarah Waters
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Lundi 29 septembre 2003, aux " Mots à la bouche ", librairie gay à Paris. Une petite femme, l'air timide, cheveux courts, petit chemisier en coton bleu clair, se faufile entre les dizaines de femmes et d'hommes présentes jusqu'à la table de son supplice Sarah Waters vient signer son dernier livre, " Du bout des doigts ", et le DVD de son premier roman, " Tipping the Velvet " (" Caresser le velours "). De sa douce voix, Sarah Waters nous lit un extrait, en anglais. Elle s'arrête juste au moment où les deux protagonistes se rapprochent dangereusement l'une de l'autre L'auditoire, en haleine, rit : nous attendions toutes la suite et nous avons eu une montée en bonne et due forme, d'un rouge vif aux joues de l'auteure ! Les questions peuvent commencer (Note 1 : petite parenthèse, Sarah Waters s'exprimait en anglais, j'ai traduit comme j'ai pu !! Note 2 : les questions ne sont pas toutes de moi, je retranscris ici tout ce que j'ai entendu, :-)): Q. : Qu'avez-vous pensé du scénario du film, " Tipping the Velvet ", par rapport à votre roman ? Sarah Waters : J'ai aimé les modifications apportées. Q. : Comment expliquez-vous que le film soit passé sur la BBC à 21h ? C'est tout de même assez osé comme thème S.W. : Pour l'adaptation à la télé, ils ont accéléré l'action. Les médias ont bien sûr sauté sur l'occasion pour crier au scandale. En fait, l'histoire n'est pas si sexy que cela. Le plus important dans le film est le chemin parcouru par Nane dans l'éveil à la sexualité. Q. : Comment se fait-il que vos deuxième (" Affinity ") et troisième (" Du bout des doigts ") romans ne présentent pas de scènes sexuelles comme dans le premier (" Caresser le velours ") ? S.W. : " Caresser le velours " est un roman sur la découverte de la sexualité, il me semblait naturel d'écrire des scènes plus sexuelles. Dans les autres, ça ne s'y prêtait pas. Ce sont des pastiches de romans victoriens où les femmes ont un rôle central. Q. : Les deux autres romans seront-ils transposés à la télévision ? S.W. : " Du bout des doigts " devrait passer à la télé l'année prochaine ! Q. : Aidez-vous à l'écriture du scénario ? S.W. : Non, je préfère laisser ce travail aux autres ! C'est quelque chose de complètement différent que d'écrire un scénario ou un roman. Q. : Quel a été l'accueil de vos romans aux Etats-Unis et en Europe ? S.W. : Aux Etats-Unis, l'accueil a été excellent. Ils ont été lancés comme des livres pouvant être lus par tous. En Allemagne et en Espagne, les romans sont en passe d'être traduits. Je suis surprise de voir que la plupart des gens commencent par lire les deux derniers tomes puis le premier. Q. : Dans " Tipping the Velvet " (" Caresser le velours ") la question du genre est plus clairement abordée que dans " Finger Smith " (" Du bout des doigts "). Comment expliquez-vous cela ? S.W. : J'ai écrit " Tipping the Velvet " juste après mes études universitaires sur la littérature de genre. Je pense que c'est pour cela que mon premier roman est plus axé sur le genre que les autres. Avec les deux derniers, j'ai voulu passer à autre chose, me focaliser plus sur le côté victorien que sur la question du genre. Q. : Dans " Du bout des doigts ", les deux femmes sont-elles lesbiennes ? S.W. : Ce n'est pas le plus important dans ce livre. La lutte des classes est le point central du roman. Q. : Pensez-vous toujours écrire des histoires lesbiennes ? S.W. : Pour le moment, c'est ce que j'ai envie d'écrire, alors Peut-être que je changerai plus tard ! Q. : Avez-vous un projet, un nouveau roman ? S.W. : Oui ! Je suis entrain d'écrire un nouveau livre se déroulant pendant la Seconde Guerre mondiale. La longue file des fans (hommes et surtout beaucoup de femmes) s'est ensuite empressée de se faire dédicacer les livres et DVD de cette si charmante auteure. |
| Sabine de Paris |
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Ndr : voir la critique des livres de Sarah Waters dans la rubrique livres des Fées du Logis |
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