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Ma petite amie s’étant absentée pendant quelques jours pour aller retrouver une amie dans la capitale, j’en ai profité pour renouer avec le chat (prononce tchat). En effet je ne me suis pas décidée à avoir de grandes conversations avec mon matou favori qui manque, malgré tout l’amour que je lui porte, de conversation. Je suis très sélective quand je veux dialoguer sur le net, je proscris donc d’entrée les « chat room » de Voilà, Caramail... trop de mecs déguisés en filles, trop de filles sans intérêt, je me rends donc directement sur irc, un petit programme que les habituées des Fées du logis doivent connaître, c’est un peu la même chose que les chats évités par mes soins (cités plus haut), mais disons que c’est plus confortable pour discuter. Je me rends donc sur un salon qui se nomme #lesbienne, dans un tel endroit je ne devrais pas avoir de mal à discuter avec mes congénères. Le premier problème qui se pose à la jeune fille esseulée que je suis, c’est l’affluence de canadiennes. Première mise au point, je ne suis pas du tout opposée au dialogue avec mes homologues d’outre Atlantique mais sur le chat elles sont vraiment super lourdes, là je viens de me mettre une communauté à dos, pas grave je continue, en effet la seule chose qui intéresse la plupart d’entre elles ce sont les pics, en français dans le texte les photos. Quand on dit photo, ce n’est pas votre portrait en première communiante qu’elles attendent, ni même la photo de votre sourire épanoui et de votre bronzage lors de votre dernier séjour à la mer, mais quelque chose de plus dénudé et de plus explicite. Lancée, je commence donc par ignorer toutes les québécoises. Dans un second temps, les quelques métropolitaines du chan (channel, salon en français) viennent me voir en privé (petite fenêtre privative où nous discutons à l’abri des regards). Là viennent les questions traditionnelles « ça va ? oui et toi ? oui cool asv stp (âge, sexe, ville please), et puis bon selon l’inspiration le dialogue décolle ou pas. Ne nous leurrons pas les 3/4 du temps une fois ma vie privée mise à jour, j’ai une copine depuis deux ans, la fille m’abandonne. Et dans le dernier quart des cas me direz vous, c’est là que ça se complique les filles. Mon interlocutrice me propose alors - puisque tout espoir de liaison passionnée et de grandes histoires d’amour à terme est vain - un cyber ou un scenario. Mais qu’est ce... vous allez voir c’est fascinant... il s’agit de feindre une rencontre entre deux femmes (l’internaute et moi) débouchant sur une relation sexuelle. Dis comme ça, c’est pas top, mais bon les amatrices sont nombreuses. Rassurez vous, je refuse systématiquement, j’ai ma dignité non mais ;-) Enfin hier j’ai essayé de gratter un peu avec une jeune femme qui me paraissait très sensée et qui me proposait un rapport sexuel virtuel. D’après elle, il s’agit de mettre en scène ses fantasmes et c’est un jeu entre deux adultes consentantes qui s’amusent. Après une heure de négociation, la jeune fille n’a pas réussi à me convaincre du bien fondé de la démarche. Le plaisir qu’elle pouvait donner à une fille via à un écran ne m’a pas paru être un argument décisif. Je me suis quand même penchée par pure curiosité journalistique sur les intrigues de ces saynètes. Le must, si vous voulez vous lancer, c’est le rapport femme expérimentée / jeune fille qui a tout à apprendre avec pour pimenter le tout d’après mon indic « un soupçon d’humiliation »... Sainte Agnès s’en fiche, na ! Bon, pour l’anecdote, avec ma petite amie, une fois, nous nous sommes essayées au cyber sex. Derrière le clavier à quatre mains, nous avons tenté de mener avec deux cerveaux et une interlocutrice lointaine un scénario. L’intrigue choisie par notre victime était simple, un couple de lesbiennes, nous, est invité à dîner chez un couple marié, elle. Ca ressemblait tellement au jeu de notre enfance, alors toi tu dirais ça et nous on ferait ça, que tout cela a tourné très vite au burlesque. En effet, malgré notre imagination débordante nous ne sommes pas arrivées pas à nous débarrasser du mari encombrant. Parti à la cave chercher du vin, nous le faisions revenir toujours trop vite... bon la fille nous a trouvées nulles et nous a plantées là... comme je la comprends... |