Colloque sur l’homophobie à l’école


Dernièrement, l’AGL a envoyé deux représentantes à un colloque organisé par l’Association pour la santé mentale portant sur l’homophobie à l’école. Amélie, la présidente, et moi-même, votre fidèle rédactrice, nous sommes dévouées corps et âme pour vous ramener de l’info toute fraîche sur un sujet qui nous concerne plus que directement... Voici ce que ça a donné !

8h02, coin Ste-Cath/Sanguinet... Amélie m’attend depuis au moins 5 minutes. Mais je crois qu’elle est habituée ; c’est pas que ça m’arrive souvent de la faire attendre, mais... Bref, on entre à l’UQAM pour aller s’inscrire. Une fois l’objectif café atteint, je suis fonctionnelle pour la conférence d’ouverture qui porte sur la belle br... le programme de la journée. Au choix, cinq ateliers. Ok, pour maximiser les inscriptions : on est deux, fois deux ça fait quatre, on en manque donc juste un, mais... Ah pis on s’inscrit où ça a l’air intéressant.

Mon premier atelier de la journée porte sur... sur... ah oui !! Non, en fait je me rappelle pas le titre officiel mais j’en ai quand même retenu quelque chose. C’est Irène Demczuk qui parlait de la démystification de l’homosexualité à l’école. (Parenthèse. Non, je sais que vous savez que ce signe "(" s’appelle ainsi, mais je veux vous souligner que, si jamais vous avez besoin d’infos sur les communautés gaie et lesbienne du Québec, cette femme merveilleuse détient sûrement le record d’ouvrages publiés sur le sujet au Québec. Et elle est très intéressante.) Elle parlait des multiples raisons d’aborder le thème dans les classes, comme le fait que tous les jeunes, qu’ils soient gais, aspirants, hétéros ou homophobes, se posent des questions. Et, raison on ne peut plus pertinente, les jeunes qui ont plus besoin de cette information ne sont pas identifiables... En effet, c’est pas marqué dans ton front que t’as envie de savoir où rencontrer d’autre monde avec les mêmes questions, ou si tu veux te faire des amis qui te ressemblent pour pouvoir déterminer où tu te trouves dans ta sexualité… Bref, ça visait à amener l’homosexualité dans le sujet, à faire prendre conscience aux profs du secondaire, qui constituaient la majorité des participants au colloque, qu’une partie de leurs élèves comptent un peu sur eux pour avoir enfin des infos sur ce qui les intéresse.

Là, selon mon estomac, c’est l’heure de manger. Au Mars/Vénus, Amélie et moi sommes rendues dans les hautes sphères de la philosophie d’une association étudiante et dans les destinées futures de l’AGL, et dans les filles qui participent au colloque... Shit ! Cinq minutes avant que ça recommence !! Et ça s’ouvre avec un vidéo sur l’homophobie subie par des jeunes à l’école, dans leur milieu, et de comment ils en ont souffert. Très intéressant, Silence s.v.p. porte un peu trop bien son titre. En effet, on y parle entre autres de combien le silence du milieu où se produisent les agressions homophobes peut être dévastateur pour les victimes, et leur estime de soi…

Deuxième atelier… Euh… J’ai décidément pas la mémoire des titres mais je me rappelle on ne peut plus clairement de l’histoire de cette enseignante, au niveau primaire, qui a subi elle aussi de l’homophobie… De comment elle a vécu un climat loin d’être favorable à l’enseignement, des remarques voilées, ou pas, un milieu qui ne la soutenait pas. Je vous épargne les détails de sa vie quotidienne au travail rendue pénible par l’intolérance de son milieu, et de comment elle a été mise à part, littéralement interdite de contact avec les élèves quand son homosexualité s’est sue. Elle nous a également raconté comment, maintenant, dans une autre école, elle vit ouvertement sa vie quotidienne d’enseignante, de mère de famille, dans le respect. Et des activités qu’elle fait avec ses élèves, sur la vie de famille notamment. De beaux dessins, dans un livre conçu par les élèves, illustrent tous les types de famille; nucléaire, monoparentale, homoparentale, etc. Malheureusement pas vendu en librairie…

Et la journée qui se termine, Amélie qui reste pour faire de la jasette intéressée… pour l’AGL, évidemment. Dire qu’y’a plein d’étudiants qui retournent à l’école demain et qui vont encore se faire taper sur la gueule, au figuré mais aussi au propre, parce qu’ils ne sont pas exactement conformes à la norme, ou simplement parce qu’on les soupçonne de ne pas l’être… Je pense à ma journée de cégep du lendemain avec sourire et détente, et ça me pince un peu de savoir que si je peux être calme et détendue en pensant à ça, c’est pas parce que c’est mon droit (et c’est mon droit), mais parce que je suis chanceuse…