Amer !!!

 

Bon, ben voilà… Une page de ma vie vient de tourner.

Je voulais vous faire un petit texte bien tourné, calme, consensuel et tout, et je n'y arrive pas.

Chaque fois que j'y pense, mes nerfs se tendent et j'ai une boule énorme dans le ventre et comme l'envie de vomir.

Je sais, je sais que je suis naïve et que j'aurais bien du m'en douter avant, que cela s'est déjà produit ailleurs, mais j'espérais, je ne sais pas quoi.

J'espérais que ces femmes que je côtoyais depuis des années étaient différentes, qu'elles n'allaient pas me décevoir… Et bien non, ça été pire !!!

Question du jour à l'assemblée Générale de Femmes Entre Elles, association lesbienne de Rennes : l'association accepte-t-elle d'accueillir les femmes lesbiennes d'origine transsexuelle.

Bon déjà, moi je ne comprenais pas bien pourquoi on avait besoin de se poser la question. Quelques paranoïaques avaient du passer par là peut-être. Mais admettons, ça aurait au moins l'avantage de clarifier la position de l'association face à ces femmes et c'était peut-être aussi bien.

J'ai commencé à avoir des doutes quand j'ai dû lire dans le bulletin de l'association des courriers à la limite du supportable : en y remplaçant transsexuelle par lesbienne ou homosexuelle on aurait dit la prose de la Boutin… et puis d'autres propos plus lénifiants plus dans le style "le transsexualisme, ce douloureux problème", ça vous rappelle quelque chose, hein !

Mais le jour de l'assemblée générale, la discussion précédant le vote a été à la limite du supportable. Entendre de la bouche de ces femmes que j'estimais de pareilles inepties, ce déballage de peurs et de phobies délirantes. On se serait cru à une séance de psychothérapie de groupe, avec larmes dans la voix et psychodrame final.

Pour vous résumer ça : elles ont la trouille, parce qu'elles ne savent même pas qui elles sont elles mêmes, alors elles se protègent, elles se cachent, elles ferment la porte, les fenêtres, éteignent la lumière, et vont enterrer leur petite identité maladive au fond de leur trou, bien à l'abri.

Je sais, je ne suis pas charitable, je ne leur accorde même pas le bénéfice du doute, aucune indulgence de ma part… Et puis quoi encore ?!! Je suis en colère, j'ai mal au ventre, et je refuse de me laisser enfermer avec leurs peurs.

J'ai essayé d'exprimer mon point de vue, calmement, sans m'énerver, même par écrit pour être sure d'être bien claire, mais peine perdue… On n'efface pas ce genre de phobie par une discussion sereine dans une association… Et je ne suis pas psy.

Pourquoi j'ai envie de vomir ? Mais parce qu'elles m'ont déçue. Parce que j'ai entendu des horreurs. Parce que la fréquentation de la peur et du rejet qu'elle génère me donne toujours envie de vomir.

Conclusion de cette nouvelle histoire édifiante : ben y'a encore du boulot !!! Et va falloir se transformer en psy pour les prendre une par une et les faire se découvrir afin qu'elles puissent accepter toutes les femmes, toutes les lesbiennes et toutes les petites différences entre nous.

Pfffffffff…. Mal à la tête en plus maintenant, rien que d'y penser… Donner moi un peu de force les Fées, parce que la baguette magique, là, ça suffit pas…

 

 

Mireille