|
J’ai conscience que ces quelques lignes vont en faire bondir plus d’une, mais voilà j’ai besoin de soulager mes entrailles d’un poids qui me pèse. Ce n’est pas bien original mais j’ai en ai marre du monde tel qu’il est. Nous vivons dans une société hétérocentriste, je néologise, tant pis, où les lesbiennes en arrivent à se chercher des excuses pour être ce qu’elles sont. Quelques exemples pour être un peu plus limpide. Vous annoncez à votre petite maman, à votre aîné, ou à des inconnus que vous êtes homo. Au lieu de trouver ça génial, ils vous bombardent de questions du style mais « tu as déjà couché avec un garçon (rassure moi) ? » « ce n’est peut être pas définitif, hein ? »... Du haut des mes 25 ans, je clame haut et fort, que je suis lesbienne et que j’espère sincèrement ne plus jamais être touchée par un mec de ma vie. Parce que je n’aime pas ça, je ne peux pas vous dire pourquoi, je vous jure et je ne devrais même pas avoir à le préciser que je n’ai pas eu de mésaventures avec le sexe opposé. J’aime pas ça, c’est tout, merde est ce si grave ? Ma colère se porte en ce moment vers la publicité. Mon opérateur de téléphonie mobile qui m’envoie une publicité pour une énorme forfait de textos auquel j’aurais bien souscrit si sur le dépliant qui m’était adressé ne figurait pas la photo d’un homme avec une mention du genre « pour lui faire plaisir ». Je n’ai pas envie d’envoyer des SMS à un mec mal rasé et sans doute super sexy selon les critères actuels. Si je devais choisir c’est à ma jolie copine aux yeux bleus totalement glabre que j’adresserais des mini-missives. Mais ça il ne le sait pas mon opérateur de téléphonie mobile et il s’en fout pour une lesbienne mécontente, il a 68 hétéros qui se pâment. Pour conclure, je suis aussi en rogne contre la donneuse de leçon qui vient de rédiger ces quelques lignes. Il y a à peine trois mois, elle travaillait dans un journal de ce qu’on nomme pompeusement la PQR, presse quotidienne régionale pour les néophytes en la matière, avec un patron super de gauche mais bizarrement extrêmement homophobe et des collègues qui rivalisaient de bêtise et d’ignorance à ce sujet. Mais au lieu de s’imposer comme ce qu’elle est et ce qu’elle prétend être fière d’être, elle a préféré pendant sept mois taire sa passion pour M et s’inventer un petit ami mystérieusement invisible... En fait, j’ai renoncé à conclure ces quelques lignes, puisque je trouve toujours matière à ce sujet - mon indignation au jour le jour. Aujourd’hui, c’est une chaîne privatisée qui a réussi à me faire sortir de mes gonds grâce à la présentation d’une future émission indigne. La voix off dit en gros « vous êtes un homme, pété de thunes, celui dont TOUTES LES FEMMES RÊVENT ». Là je vomis du sang. Je suis vénale, certes, mais je ne rêve pas d’un mâle pourri d’argent, oui souvenez vous, je suis lesbienne. Je pestais quelques lignes plus haut contre ce monde hétéro-centré, et TF1 pour ne pas citer le nom de cette merveilleuse chaîne donne à nouveau de l’eau à mon moulin. J’ai évité de suivre avant hier « c’est mon choix » sur le thème « mon mari ne me trouve plus assez séduisante, je vais donc m’habiller en salope salace (oups je m’égare) pour le reconquérir. », je me serais certainement mise bêtement en colère. Tiens ma petite femme me signale qu’une nouvelle pub pour les sous-vêtements vient de la faire bondir. Elle explique en substance que les soutien gorge encensé par le spot publicitaire soutient aussi bien les poitrines des femmes qu’une main d’homme. Argggggh, je renonce aux commentaires, à moins que vous insistiez.
PS : je hais aussi word qui me surligne de son petit tortillon rouge le mot homophobe...
|