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La dernière génération d'homos est née enfants de Foucault, au sein de l'émergence d'Act Up et du mouvement queer proclamant "savoir = pouvoir". L'homosexualité devient médiatisée et coming outée. Des Etats-Unis parviennent des ouvrages issus des gay studies, ces études universitaires où l'homosexualité n'est plus pathologisée et stygmatisée mais réfléchie par rapport à sa place au sein d'une société (hétéro)normative : son rapport à l'hétérosexualité, la dualité sexe/genre, sa construction historique. Les homos ne veulent plus être objet d'études mais producteurs et diffuseurs d'un savoir dit gay. Qu'en est-il en France ? Nous sommes bien loin des gay studies. Si l'homosexualité est surexposée dans les médias, elle reste cachée dans la sphère universitaire. L'homosexualité évoquée - rarement traitée comme thème unique - reste cantonnée dans des discours psychanalytiques, sociologiques, etc, conventionnels qui la catégorisent comme anormale. Ici, les discours traitant de sexualités autres que l'hétérosexualité restent institutionnalisés, cloisonnés. Les enseignants comme les étudiants se retrouvent censurés : un prof voulant faire un cours sur le sexe et le genre aura un mal fou à obtenir les moyens nécessaires pour enseigner (une salle, un horaire convenable, etc), et l'étudiant voulant rédiger sa maîtrise sur la lesbienne butch ne trouvera aucun soutien d'un directeur de recherche. Les associations homos étudiantes se développent de plus en plus, témoin de la présence d'homos au sein de l'université. Mais eux aussi sont confrontés aux mêmes refus dissimulés : obtenir un local (et non un sous-sol désertique !), se faire officialiser, organiser des évènements publics relèvent du combat. Ici, la visibilité dérange, le savoir perturbe. Les instances universitaires contrôlent et censurent sournoisement. Mais ce qui n'empêche pas le "gay savoir" d'exister parallèlement au travers d'auteurs ou par le biais du Net (dont le site intéressant http://semgai.free.fr qui répertorie des thèses francophones traitant de l'homo/bi/trans-sexualité). Le "gay savoir" français ne serait-il qu'alternatif ?... Si l'université française se démocratise, son contenu, son savoir reste très étroit. Il est temps de dépasser les classiques études féminines ou l'étude psychanalytique du transsexualisme qui ne s'inscrivent plus dans la réalité contemporaine. Les homos/bi/trans s'assument et veulent accéder au savoir, ce qui semble déstabiliser les hétéros... |