Quelques remarques sur des films du 13ème festival
« les lesbiennes se font du cinéma »,
au Kremlin-Bicêtre, à Paris


Je tiens d’abord à saluer les filles de Cineffable qui ont cherché des réalisatrices et réussi à en faire venir une vingtaine, choisi des films ( 57 ! !), qui ont traduits, qui ont organisé le festival ! C’est un travail colossal et qui a portés ses fruits ! Bravo ! !

Rassurez-vous, je ne vais pas faire un descriptif détaillé et fastidieux des vingt films que j’ai pu voir! J’ai apprécié la grande diversité des projections : du documentaire au long métrage en passant par de nombreux courts métrages. Plusieurs films m’ont marquée.

My left breast : une femme est atteinte d’un cancer du sein gauche, elle nous raconte presqu’au jour le jour ce qu’elle ressent, l’ablation, la chimio, la perte des cheveux, les rayons… C’est beau, c’est dur, c’est terriblement vrai. J’ai peut-être été plus touchée pour avoir suivi deux cancers du sein dans ma famille proche, mais cette femme est d’un positivisme si bienfaiteur qu’on en suit sa vie en souriant, en riant ou en ayant les larmes aux yeux. Chapeau, belle leçon d’amour de la vie !

Passengers : deux femmes dans une voiture suivent un corbillard et par flash back, on comprend que le père d’une des deux est dans le cercueil. Elle n’a jamais réussi à dire à son père qu’elle était lesbienne. De la difficulté de dire à ses proches notre homosexualité. Le père ne s’est-il pas douté de quelque chose quand il a déposé sa fille auprès d’une autre après qu’elle lui eu dit que le mariage, les enfants ce n’était pas pour elle. Nos proches ne sont-ils pas assez observateurs et ouverts pour comprendre ?

Cette idée est abordée de façon bien différente dans le long métrage Lost and Delirious. Dans un pensionnat de jeunes filles, deux grandes adolescentes, Paulie et Tory, s’aiment tendrement. Elles se font surprendre un matin par la sœur de Tory. Celle-ci décide de tout arrêter, sort avec un garçon, dénigre son amie. Ses parents sont « hyper hétéros et très pratiquants » selon ses propres termes, ils ne doivent pas savoir, ne doivent même pas avoir un doute. Comme elle ne peut vivre sans eux, elle sacrifie son amour et c’est la descente aux enfers pour Paulie. Ces deux filles s’aiment profondément, mais aucune des deux n’avaient réalisé qu’elles avaient des relations homosexuelles et qu’elles pourraient être reconnues comme lesbiennes. Le refus d’être lesbienne vient de l’une comme de l’autre. « Paulie aime Tory et Tory aime Paulie, je lui appartiens et elle m’appartient, mais je ne suis pas lesbienne !!!! » s’exclame à un moment Paulie. Petite puis ado, j’ai été très attirée par plusieurs de mes copines, comment aurais-je réagi si on m’avait dit alors « t’es lesbienne ! » ? Franchement, mal, je pense. Je suis attirée par certaines femmes, j’en déduis que je suis lesbienne. Mais est-il nécessaire de se mettre un étiquette sur la figure, étiquette qui pourrait en déstabiliser, en déprimer plus d’une. Dans ce film, on perçoit à quel point les préjugés peuvent détruire, à quel point le regard des autres peut modifier une personne. Si j’ai l’occasion de revoir ce film, j’y vais, pourtant j’aime les films qui finissent bien… aurais-je un côté maso que je ne soupçonnais pas ? Etiquette ou pas, j’aime les femmes, il n’y a aucun doute !!!!!

The Girl long métrage sur une histoire d’amour à Paris entre une chanteuse qui aime les hommes et une peintre qui aime les femmes. Une histoire d’amour et de séductions, de rivalité entre une lesbienne et des hommes. On s’identifie tellement aux personnages que les filles dans la salle ont chaleureusement applaudi la confrontation entre deux lesbiennes et un mac. Il y a quelques clichés mais c’est bien joué, les deux actrices sont à croquer et sincèrement, je le reverrai avec grand plaisir !

Encore plus léger, Desi’s looking for a new girl : après s’être remise de sa rupture avec sa petite amie, Desi, grande ado américaine, part en chasse. Elle est aidée par ses amies, amis et parents. C’est amusant et simple, si vous en avez l’occasion, c’est un film sympa sur la recherche d’une petite amie et la surprise des rencontres.

J’ai quelques regrets concernant le festival. Je n’ai pas vu tous les films que je voulais voir, faute de temps (pourtant le festival a duré cinq jours !), je n’ai participé à aucun débat, pour la même raison. C’est extrêmement frustrant ! Surtout que j’adore les discussions et les échanges d’idées !!!! À quand les soirées débats à d’autres moments de l’année ???

On ne pouvait pas tout faire, il fallait choisir ! J’attends donc avec impatience le prochain festival et il faut espérer qu’au Best Of Mixte de mai-juin 2002, on pourra voir ou revoir des films du festival!

En tout cas encore bravo à Cineffable et merci à toutes ces réalisatrices qui nous font rêver et réfléchir !