Je suis tombée amoureuse d'une étoile et, chose surprenante, cet astre
semble succomber au charme fou de l'oursonne mal embouchée que je
suis...
Entêtante, obsédante, lumineuse et illumineuse, elle s'enroule, m'enlace,
me caresse, m'excite, me pénètre, de son parfum, de son odeur, de
son sexe, de ses doigts, de ses yeux, de ses cheveux...
Elle a dévié de sa course pour pouvoir me prendre sur sa chevelure
filante, sur sa langue de feu. Et tandis que parfois elle s'éloigne
pour accomplir sa révolution, je me vide de toute envie, me répands
en larmes et en tourments.
Mais lorsqu'elle réapparaît... Je retrouve consistance et vigueur,
je retrouve des couleurs. Métamorphose éphémère puisque je change
aussitôt d'état, me gazéifie pour mieux la rejoindre, me fondre et
me répandre en son sein. Sublimation.
Elle m'attire à elle, m'émeut de ses doigts, de ses lèvres. Je la
caresse du bout des cils de peur de la froisser, de peur de nous déchirer.
Bonheur.
Et rage à la fois. Parce qu'on ne peut vivre complètement libres et
délivrées de tous ces regards interrogateurs, inquisiteurs.
Alors écrire ce texte pour dire, pour crier à la face du monde que
rien ni personne ne pourra s'interposer entre elle et moi et empêcher
mon amour d'exister, de fleurir et de prendre racine.
Rien ne pourra s'y opposer sans que je m'y oppose.
Certainement pas les médisants, les bien-pensants, les envieux...
Qui se plaisent à nous faire croire que le bonheur est ailleurs, dans
une vie normée et donc inévitablement mutilante.
Et merde aux crétins étriqués que ça rassure de nous imaginer malheureuses
parce que vivant des amours qui remettent en question les fondements
de leur société méchamment hétérocentrée et intolérante.
Merde aux machos qui pensent qu'un coup de (leur) queue nous apporterait
la révélation de l'orgasme.