Aujourd’hui (enfin hier mais vous n’êtes pas supposé le savoir), c’est la Saint Valentin. Après avoir effectué un rapide sondage autour de moi, j’en suis arrivée à la conclusion que 99% de mes relations trouvent qu’il s’agit « d’un événement ringard et commercial ». Parmi cette foule de gens lucides, nous comptons une majorité d’hétérosexuels et quelques lesbiennes assumées.

Sans vouloir te faire pleurer, lectrice adorée, sur mon sort, je me souviens de la collégienne que j’étais. Affublée d’un appareil dentaire, d’une acné défigurante et victime de mes goûts vestimentaires de l’époque, cette charmante enfant ne rêvait que d’une chose : fêter comme ses copines la Saint Valentin…
Devenue lesbienne et magnifique – je peux encore faire illusion auprès des gens qui ne me connaissent pas – je me suis vengée et depuis trois ans, j’impose, le mot n’est pas trop fort, la célébration de ce jour magique à ma dulcinée. Comme le reste, j’assume à mort.

J’ai donc décidé pour l’occasion de commander un magnifique gâteau et de ne surtout pas m’en cacher. Quand j’ai appris en contactant ma pâtisserie favorite que le fraisier (miam) pouvait être en forme de cœur pour l’occasion, j’ai bondi de joie sous le regard mi-atterré, mi-amusé de la femme que j’aime. Si je suis une beaufette invétérée, je connais quand même les erreurs à ne pas commettre ce jour fatidique et je n’ai donc pas invité ma compagne dans un magnifique restaurant tout de rouge décoré. Non, nous avons fait ça à la maison autour d’une raclette – celles qui rient, dehors ! – en sirotant un vin rouge capiteux. En fin de repas, nous avons englouti notre magnifique gâteau, dévorant les décorations d’usage sauf celle en bois. La soirée s’est terminée en beauté par le rapprochement amoureux de Willow la sorcière et de Kennedy la tueuse potentielle. Quelle merveilleuse Saint Valentin !
Et mes amis, me direz-vous, que faisaient-ils pendant ce temps-là ? Ils s’offraient discrètement sans se vanter, sous la table, un cadeau mais pas du tout pour la fête commerciale, il s’agissait juste d’un hasard du calendrier. Pour certains, ils se retrouvaient en tête-à-tête au restaurant en se gaussant de la décoration et des couples gogos autour d’eux…
Et pour le 1% restant que je n’ai pas évoqué encore, comme nous, ils assumaient avec bougies, cadeaux faramineux et nuit d’amour romantique.

Ce petit texte léger pour rappeler que les lesbiennes adorent s’empêtrer dans les codes de leurs grands amis hétéros et que ce n’est pas grave, juste rigolo. Ça me rappelle que j’ai hâte d’emménager dans mon pavillon en banlieue et d’adopter un berger allemand que j’appellerai Sultan ou Prince, j’hésite encore…


Agnès



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