Girl connection
... et plus si affinités



Venons-en directement aux faits ! Je vais tenter de vous parler d’un célèbre site gay dont je tairai le nom. C’est un site mixte et communautaire avec d'excellentes niouzes et un agenda très complet. Toutefois, ce qui m’intéresse plus particulièrement, ce sont ses fameuses pages rencontres qui ouvrent de fantastiques possibilités de butinage.
En effet, bien que scandaleusement payantes, ces pages participent à ma recherche actuelle et toute personnelle qui consiste à expérimenter un autre chemin que celui déjà tout tracé de la vie en couple, chemin dans lequel j’ai de plus en plus de mal à me reconnaître et à me retrouver.

Comment ces pages fonctionnent-elles ? Tout d’abord, je précise qu’il est possible, avec un peu de patience, d’y accéder gratuitement aux heures creuses.
C’est au stade de l’inscription que commence l’aventure… Un questionnaire permet de dresser un portrait très axé ego et une ébauche de celui de sa future chérie tant désirée. Faut-il tout dire ou laisser  une pointe  de mystère dans son profil ? À chacune de voir…
Parmi les réponses saugrenues sur lesquelles j’ai planché avant de me décider à cocher la case qui me correspondait, j’ai relevé une ou deux perles comme celle dénichée pour répondre à la description de son sexe : imberbe.
Et toujours plus fort, pour certaines questions telles que : aimez-vous les dessous coquins ou regardez-vous des films X ou bien encore utilisez-vous des accessoires ? Vous avez le choix entre : oui – non – et c’est là que ça me fait marrer, reste discrète, parce qu’enfin, je me demande ce que ça veut dire reste discrète ?

Les réponses des autres sont également riches d’enseignements. Ainsi, j’ai découvert que la famille est importante pour une majorité de lesbiennes mais surtout qu’aucune ou presque ne situe sa recherche dans la catégorie plan sexe… Quasiment toutes cochent dans un même et bel élan dans la case « relation envisagée » : amoureuse, amitié, voire correspondance. Et là, en général, nos routes divergent, mesdames. OK, je peux comprendre qu’au premier abord, le plan sexe soit sans doute trop cru à cocher et j’aurais préféré pouvoir inscrire liaisons érotiques.
Parce qu’enfin, qui donc a pondu ce questionnaire si masculin où le sexe est imberbe !

Pourtant, point d’hypocrisie, au bout de la nuit ou de l’après-midi, c’est bien ce qui s’est passé même si cette rencontre des corps ne se déroule pas (encore) dans une backroom pour filles ! Ha ! Que de tabous encore autour du cul pur et dur chez les lesbiennes. Je vous permets même de me faire dire ce que je n’ai pas dit : elle baise… Et après tout pourquoi pas… Histoire de foutre en l’air tous les tabous ! Histoire de ne plus m'entendre dire demain : tu fonctionnes comme un mec ! Histoire d’écrire une nouvelle page de notre histoire. Une page où il serait enfin possible d'envisager une sexualité uniquement pour les plaisirs de tous les sens. Une sexualité enfin parvenue au stade de la maturité ! Une sexualité pour elle-même ! Une sexualité enfin sortie de l’adolescence et de sa période romantique.

Et il me semble qu’être lesbienne, c’est vraiment avoir le pouvoir d’inventer une deuxième voie en matière de rapport à l’autre. Parce que je ne vois pas trop pourquoi la goudou lambda s’attache à reproduire le schéma d'une sexualité hétérote classique avec le couple pour centre alors que ce schéma a été conçu avec les buts que l'on sait : reproduction et plus anciennement transmission du patrimoine. Et que ces schémas classiques ont sauté depuis longtemps chez mes copines hétéros. Je me dis souvent qu’il nous reste à inventer une relation d'un deuxième type ! Et que c’est également un acte politique que de cocher plan sexe.

En attendant et pour en savoir plus, je vous invite à visiter ce site. Et peut-être nous y croiserons-nous ?
Moi, planquée derrière mon écran en pleine révolution à propos des rapports entre femmes et certainement en train de pester intérieurement sur le lesbiennement correct. En effet, au-delà du plaisir des aventures limitées dans le temps et en un lieu donné, je revendique l’inscription de mon fonctionnement (soi-disant masculin, me disent-elles trop souvent…) dans, justement, une tentative de sortie du schéma masculin et sociétal qui définit encore trop souvent une femme comme la salope ou la sentimentale. Et j’espère ainsi m’affranchir définitivement de la relation traditionnelle.

Puis, je suis intimement convaincue qu’il est nécessaire de mener une réflexion autour de l’exploration de cette seconde voie qu’il nous reste à inventer… Un parcours où la lesbienne se serait totalement détachée de la représentation de la femme au travers de ses rapports à l’autre et deviendrait une autre femme, un autre être… Peut-être une femme et un homme à la fois, bien que j’aimerais beaucoup posséder d’autres mots pour définir celle que je cherche.


TrucmuchE


 © 2004 feesdulogis.net