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L’enfer est pavé de bonnes intentions |
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Je suis sûre que vous avez déjà eu cette discussion avec une connaissance que vous n’aviez pas vue depuis longtemps : « alors comment ça se passe avec tes parents, ils acceptent mieux ton homosexualité ? » Ça m’est arrivé hier. Je n’étais pas particulièrement de mauvaise humeur, juste très mal réveillée. J’ai mis en lumière sous un jour plutôt acide ce pan de mes relations filiales. Ma mère a plutôt bien accepté mon homosexualité, je dirais personnellement qu’elle s’est résignée et comme je suis dure (je l’ai appris hier), j’ajoute qu’elle n’avait pas le choix. Pourtant je sais qu’au fond d’elle, même si elle n’ose pas poser la question, subsiste le fragile espoir qu’un jour peut-être je regagnerai le droit chemin Elle se défendrait ici en disant que ce souhait n’est pas lié, pas du tout, au fait qu’elle n’accepte pas mon homosexualité, c’est tout le contraire même, simplement elle préfèrerait une vie plus facile pour sa fille. Hier donc, j’exposais froidement ces points noirs de notre relation. J’expliquais à mon amie pourquoi ma compagne n’appréciait pas particulièrement les séjours prolongés aux côtés de mes parents dans notre maison de vacances. Ma mère aime à me rappeler quand je me rends là-bas en couple qu’il ne faut pas que nous nous affichions, ma femme et moi. Cette expression fait partie de mes favorites avec se faire examiner. Si ma maman me dit ça, elle vous le dirait elle-même, ce n’est pas parce qu’elle a honte de ce que je suis, non, non, elle craint simplement les réactions hostiles des gens qui nous entourent. À la mer, les gens sont souvent moins tolérants qu’en ville certainement. Je ne vois pas d’autre explication. J’ai été dure hier avec l’auteure de mes jours en exposant simplement une réalité : elle n’a pas peur que les voisins et la famille de passage me jettent des pierres. En toute honnêteté, je pense qu’ils s’en balancent un peu de mes préférences sexuelles. Elle a simplement honte. Je ne lui jette pas la pierre, je constate. Si vous avez eu cette discussion avec une connaissance, vous savez ce qu’elle répond à ce genre d’exposé. En couple, votre amie vous dit que ce n’est pas facile non plus pour elle que Maman n’aime pas forcément Jean-Michel, son fiancé, parce qu’il porte la barbe, mange salement, est gendarme, vote à droite, à gauche, rote bruyamment, que sais-je encore ? Célibataire, elle vous répond que sa génitrice la harcèle sur d’autres points : sa ligne, son célibat prolongé, son boulot, etc. Alors que faire si vous avez quelques kilos en trop, un job précaire et une copine qui rote bruyamment tout en étant gendarmette (ce n’est pas mon cas ;-p) ! Je ne suis pas aigrie, loin de là. C’est même tout le contraire. J’en suis arrivée à un âge où l’opinion de ma mère compte autant que ma première carie dentaire. Nous arrivons à discuter de cinéma, de bouquins, de mon job et même de ma copine, sereinement. Pour les kilos en trop, il faudra certainement attendre que je les aie perdus. Ce qui m’agace, c’est ce qu’illustre parfaitement ce proverbe « l’enfer est pavé de bonnes intentions ». Je ne souhaite pas que les hétéros soient plus gay friendly que les gays eux-mêmes pour ensuite vous sortir une série de lieux communs biphobes, transphobes, etc. Et surtout quand je parle de quelque chose qui me touche profondément, je n’aime pas qu’on me dise que je suis dure. Fin de l’exposé, merci de m’avoir écoutée, pour les questions, mailez-moi ! |
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Agnès |
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