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| Même chez les fes fées, les avis sont partagés sur ce sujet : doit-on faire une information spécifique en direction des lesbiennes concernant les risques de contamination par le virus HIV ? Ou doit-on simplement rappeler de manière plus générale que le SIDA existe toujours, qu'on en meurt encore, et que la trithérapie est loin d'être une solution miracle. Pour ma part, il me semble qu'une information spécifique en direction des lesbiennes est quand même nécessaire. Parce que la question revient régulièrement, et pas seulement de la part des plus jeunes. Parce que notre niveau d'ignorance quant aux risques que de transmission des maladies quelles qu'elles soient est immense et impressionnant. Il est clair que les lesbiennes ne font pas partie des « catégories de population » les plus à risque (contrairement à ce que les centres de transfusion semblent toujours croire), et il ne s'agit pas ici de tomber dans le travers du "-« pourquoi pas nous ! », « pourquoi n'y en aurait-il que pour les gays et les hétéro ? ». Il est clair également, comme nous en avons déjà parlé dans un article l'année dernière, que les femmes restent les plus exposées dans les relations hétéros. Alors être plus précis, plus clair, pour mieux comprendre me paraît indispensable. C'est cette clarté qui peut permettre d'identifier clairement les « pratiques » à risque, et de ne pas flipper pour rien. Comme le rappelait Karole sur le forum il y a quelque temps déjà (et elle sait de quoi elle parle : 5 ans à SIDA Info Service), il ne s'agit pas de classer les gens par genre sexuel, mais bien par pratiques sexuelles. Je me permets donc de reporter ici la liste assez complète qu'elle nous avait faite à l'époque :
Et pour être encore plus claire encore, voilà comment Karole terminait son intervention : « Pour te donner un ordre d'idées, tu prends plus de risques d'être écrasée par un autobus en traversant une rue, que d'être contaminée par le VIH en baisant avec une fille. Les vrais risques liés
au VIH pour les lesbiennes n'ont pas réellement de lien avec
le sexe, mais plutôt avec les échanges de seringues,
avec l'insémination artificielle sauvage, et la bisexualité
(genre : je baise avec un mec, et j'oublie que les préservatifs,
ça existe.) Voilà. Pour être exhaustive, je vous traduis aussi une dépêche de l'Agence Reuters Health qui rapporte une étude américaine sur un cas de transmission entre 2 partenaires lesbiennes et qui confirme qu'en médecine, le risque nul n'existe pas. Doctors Report Female-To-Female
HIV Transmission Sur la base d'analyses génétiques, deux chercheurs américains rapportent un cas d'infection au VIH résultant du contact sexuel entre deux femmes. « Je pense que nous touchons le sommet d'un iceberg, dans le sens où l'idée générale est que cela n'arrive jamais" a dit le Dr Helena A. Kwakwa du Jonathan Lax Treatment Center, de la clinique du SIDA à Philadelphie. "Mais je pense quand même que bien que ce soit un événement exceptionnel, c'est quelque chose dont nous devons tenir compte. » Dans le dernier numéro de la revue Clinical Infectious Diseases, Kwakwa et sa collègue le Dr M. W. Ghobrial rapportent le cas récent d'une jeune femme de 20 ans infectée par le VIH. La patiente a indiqué
qu'elle avait eu des relations sexuelles exclusivement avec une
femme infectée par le VIH depuis 2 ans, et qu'elle était
au courant de la séropositivité de sa partenaire. Kwakwa et Ghobrial ont envisagé les autres explications, confirmant que la patiente n'avait jamais partagé de rasoir ou de brosse à dents avec sa partenaire infectée. De même, elle n'avait pas d'historique d'injection de drogue, n'avait jamais eu de transfusion sanguine, n'avait eu aucune exposition connue à des fluides corporels, n'avait jamais eu de rapports hétérosexuels, avait des gencives et des dents saines, et n'avait ni tatouage ni piercing. Les chercheurs ont déterminé que les génotypes des virus VIH des deux femmes étaient très proches. Ils en ont conclu que la patiente avait pu se contaminer lors de ses rapports sexuels avec sa partenaire infectée. Les auteurs suggèrent que l'infection résulte probablement de la conjonction d'un écoulement de sang avec le partage de jouets sexuels. Kwakwa et Ghobrial notent qu'il y a eu des rapports sur plusieurs cas de transmission de femme à femme, mais que ces cas n'étaient pas confirmés par le typage génétique du virus. « Je pense
que c'est un signal d'alarme, car les autres rapports étaient
jusqu'à présents basés sur un historique, sur
l'absence d'autres facteurs de risque » dit Kwakwa à
Reuters Health. « Je pense que ceci donne plus de poids
à l'existence d'une transmission du VIH de femme à
femme. » « La méthode de la barrière préventive aide », note-t-elle. « L'utilisation de digues dentaires, de films plastiques, et éviter de partager ses jouets sexuels -- du moins sans les laver en utilisant savon, eau et désinfectant. » Ronald Johnson, directeur
exécutif associé du Gay Men's Health Crisis de New
York, soutient également le safe sex pour les femmes ayant
des rapports sexuels avec des hommes et des femmes. SOURCE : Clinical Infectious Diseases 2003 ; 36 : e40-e41. Voilà, j'ai tout dit ? Ah non ! Encore quelques adresses utiles qu'il est bon d'avoir sous la main. Voilà, cette fois y-a tout, enfin je crois Et pour résumer, ne voyez pas des virus partout, mais faites quand même un peu attention. C'est comme quand on traverse la rue, faut regarder à droite et à gauche avant d'y aller, mais pas rester bêtement pétrifiée sur le trottoir. |