8 mars, journée internationale des femmes



8 mars, une journée comme les autres...

Demain c'est le 8 mars, la Journée internationale des femmes...
Qu'est-ce que je vais faire de mon samedi ? Je n'en sais vraiment rien...
Je n'ai pas regardé le programme des manifestations organisées dans la ville voisine, rien prévu, je n'y ai même pas vraiment pensé avant ce matin, sous la douche...
Je me souviens d'une époque où mon patron offrait une rose à toutes les femmes de l'entreprise ce jour-là... Et où je la refusais systématiquement, par principe, car je ne voulais pas de cet hommage ridicule, un jour par an.

En fait, je crois que je vais faire comme d'habitude, comme tous les ans... Rester chez moi et me faire un petit bilan personnel, une petite remise en question de mes actes, de mes choix... Je sais, c'est très égocentré comme démarche... Je ne suis pas une bonne militante qui participe aux actions qui font avancer « LA cause ». Je le sais, et ça fait partie des éléments du bilan. Gérer cet individualisme solidaire qui est en moi et qui me donne l'impression de ne pas pouvoir changer le monde en manifestant. Mais comme le dit Leila dans son article sur les femmes du Maghreb, c'est un luxe de nantie dont je bénéficie et dont je devrais sans doute arrêter d'abuser...

Si je regarde bien... Qu'est-ce que je fais pour faire avancer la cause des femmes ici et ailleurs ?
Pas la peine de chercher une action directe, il n'y en a pas vraiment... Rien que de toutes petites choses, tellement insignifiantes que je n'ose même pas en faire la liste...

Ma seule action, c'est ma vie, mes choix de vie, et ma décision de les assumer, de les afficher, de les affirmer, face à tous et à toutes...
Ma seule action c'est de vivre ma vie de lesbienne indépendante ouvertement.
Ma seule action c'est de refuser de me ressentir comme une victime potentielle du système.
Ma seule action c'est de rester une femme indépendante dans un monde encore largement fait par et pour les hommes.
Ma seule action c'est de rester une femme qui ne singe pas les hommes et leurs ambitions dans le travail.
Ma seule action c'est d'imprimer ma vision de femme sur mon travail même (et surtout) quand elle contredit celle des hommes.
Ma seule action c'est de refuser la loi du plus fort qu'on cherche à nous imposer.
Ma seule action...
Ma seule action...
Ma seule action c'est d'essayer de rester moi-même...
Ma seule action : être.

Alors samedi, pour le 8 mars, je crois que tout simplement, je tacherai d'être moi-même, comme d'habitude, mais juste avec plus de conscience.

Mireille

7 mars 2003