Une fenêtre et deux goudous - n°4

 

Elles se sont décidées !

Ce matin, grand ménage dans la maison ! On ouvre tous les volets, on enlève tous ces rideaux tristes, on va tailler les arbres et les haies, ouvrir des portes dans la palissade et laisser la lumière entrer de partout.

Elles attendaient un déclic… Il n'est jamais venu. Elles pensaient que les choses se feraient d'elles-mêmes, en douceur… Rien n'a bougé. Elles croyaient être découvertes… Personne ne les regardait.

Alors cette semaine elles se sont dit qu'elles en avaient assez de vivre dans l'ombre, de se cacher du regard des autres. Elles ont décidé qu'elles avaient envie de vivre en plein soleil, de respirer à pleins poumons, de rire à pleine gorge.

Envie de casser les murs, d'ouvrir les portes, de regarder par la fenêtre. Envie de sauter à pieds joints dans le monde. Et tant pis - tant mieux - si le monde les regarde par la fenêtre ouverte. Et qu'est-ce qu'il en a à faire, après tout, le monde s'il les voit s'aimer !?!

C'est leur amour qu'elles avaient enfermé derrière les murs, derrière les portes, derrière les fenêtres aux rideaux lourds. Pour le cacher, le protéger. Mais l'amour ne se met pas en conserve, et il s'étiolait le nez collé à la fenêtre. C'est lui qui les a secouées, les a tirées par la manche pour leur montrer la lumière dont il manquait.

Elles vont enfin sortir et vivre la fenêtre ouverte. Elles ont envie d'air frais quand elles s'endorment et de rayons de soleil quand elles se réveillent. Elles ouvrent les yeux, sourient, se lèvent, ouvrent la fenêtre et regardent le monde droit dans les yeux en riant.