|
La première fois que j'en ai vu un, c'était en Algérie, j'avais 10 ans. La femme allait se marier. La femme ? Oui, enfin je suppose... comment faire pour voir sous le drap blanc qui la couvrait des pieds à la tête. Nous ne pouvions la voir, et elle ? Voyait-elle quelque chose ? J'ai eu mal pour elle. La seconde fois, c'était à Singapour. Une femme sous un tissu noir, le visage grillagé à un point tel qu'on ne pouvait voir ses yeux, même pas un petit éclat, rien. Un homme à son côté, en chemise blanche à manches courtes. Mon coeur m'a fait mal. La troisième fois, je me promenais dans les rues de Jakarta, capitale de l'Indonésie. Cela faisait 3 ans que j'y vivais. Les femmes se promenaient librement jusqu'à ce moment. Et là, devant moi, une femme puis deux puis trois, invisibles. Pas un espace, pas la moindre surface de leur corps à l'air libre, même pas les yeux, rien, rien ! Enfin la quatrième fois, c'était il y a quelques jours, à Paris. Je vois une silhouette, noir et marron s'avancer dans ma direction. Noir de la tête aux genoux et marron jusqu'au sol. Ni petit trou, ni grillage, ni drap blanc translucide... Non, rien à part ce noir uniforme. J'ai voulu crier, hurler ! Mais rien n'est sorti. Rien.
J'ai mal pour ces femmes qui doivent se soumettre, qui sont en
permanence ENFER-mées, surveillées dans leurs moindres faits
et gestes, contrôlées par des mâles imbus d'eux-mêmes.
J'ai mal pour ces femmes réduites à la production de descendants
mâles. |