La lesbienne internationale…



Bon voila, je voyage. Je voyage même beaucoup. Surtout pour le boulot mais aussi pour le plaisir des vacances. Pour vous donner un aperçu, durant les 5 dernières années, j’ai visité (par ordre alphabétique) Bâle, Bangkok, Beijing, Bordeaux, Chicago, Melbourne, New York, Nice, Paris, Prague, Lausanne, Londres, Shanghai, Sydney, Tahiti, Toulouse, Zurich. Et encore j’ai vous fais grâce des bleds paumés et des transits !
Imaginez une vie où vous ne rangeriez jamais votre valise au placard. Une vie en anglais. Une vie entre hôtel, restaurant et de temps en temps dans mon chez moi. Voilà, vous avez un petit aperçu de ma vie.

Mais ce n’est pas le sujet ici ! Le sujet de ce texte n’est pas de raconter ma vie ! Il y a quelques mois une Fée m’a proposé de raconter mon expérience internationale. Sur le coup, je me disais que je n’avais rien à raconter. Et puis, au fil du temps et des anecdotes cocasses, je me suis dit que, quand même, je pourrais bien en sortir un petit texte.

L’idée m’est venue de raconter par petits bouts-épisodes ce que je rencontrerais au fil de mes voyages. En voici les premiers. Je tiens à préciser que tous les faits décrits dans ces textes se sont réellement déroulés.




Passage de la sécurité à l’aéroport de Chicago.

Comme vous le savez, le 11 Septembre 2001, deux avions se sont écrasés contre deux grosses tours à New York. Depuis, la sécurité est devenue draconienne dans la plupart des aéroports dignes de ce nom et en particulier aux Etats-Unis. Là-bas, ils ont instauré la fouille au hasard. Ce qui veut dire que le personnel de sécurité isole les gens qui leur paraissent suspects et leur fait subir une fouille au corps, vérifiant en détail les bagages à main. C’est pourquoi, avec ma tête de terroriste saoudienne, je suis régulièrement sélectionnée pour la fouille.

Me voila donc en train de déboutonner mon jean devant une des gardiennes de sécurité pour lui montrer que ce qui bipe c’est juste mon bouton de jean et que non, je ne cache pas un couteau de boucher dans ma culotte, et qu’elle peut bien tapoter mon dos, ce qui bipe n’est que la boucle de mon soutien-gorge…
Tout ceci se passe dans un compartiment dit « isolé », ce qui veut dire une zone séparée du reste par une vitre en plastique transparent. Tout le monde peut me voir, mais cela me permet au moins de surveiller mes affaires. En face, 3 gardiens de sécurité (deux nanas et un mec) s’appliquent à fouiller mon sac à dos, à ouvrir mon porte-monnaie, à feuilleter mon bouquin pour vérifier que je ne cache pas de rasoir entre les pages. Une des nanas s’excite sur le bouquin. Titre du bouquin en question : « The Gay 100 ».

Je reviens à mes affaires…

Nana 1 : C’est à vous ce bouquin ?
Moi : Oui, c’est à moi.
Nana 1 : Il a l’air top ! C’est qui l’auteur ? Faut que je note !
Nana 2 : Ça parle de quoi ?
Moi : C’est un top 100 des homos célèbres qui ont le plus influencé l’histoire des homos.
Nana 1 : Et il est bien, alors ?!
Moi : Oui. Je viens juste de le commencer, mais pour l’instant je le trouve super.
Nana 1 : Ouuaaaahhh (elle mate le sommaire), tous ces gens connus. Hey ! Tu as vu ? Lui aussi ! (Le mec en question était Rock Hudson, acteur à succès dans « Dynastie »)
Mec : Bah oui, tu savais pas ?
Nana 1 : Bah non ! Il faut absolument que j’achète ce bouquin !

Bref… Après une petite discussion, le personnel de sécurité qui a, depuis un moment, décidément terminé de vérifier mes bagages, repart fouiller d’autres personnes. Je finis de ranger mes affaires et repars vers ma porte d’embarquement avec un petit sourire. En me demandant s’il y a beaucoup d’homos dans le personnel de sécurité des aéroports américains…




Vol United Airlines Sydney – San Francisco – Sydney

Au cas où vous seriez complètement ignorant-e-s de la géopolitique homosexuelle, San Francisco est la capitale gay des Etats-Unis, voire du monde. Ce que les gens savent moins c’est que Sydney en est sa petite sœur. D’ailleurs, en Australie, ils disent que San Francisco est la capitale gay de l’hémisphère Nord et Sydney celle de l’hémisphère Sud.

Eh bien, aussi surprenant que cela puisse paraître, prendre l’avion entre ces deux villes pour un vol d’environ 13 heures peut s’apparenter à une balade de jour dans le Marais : Les non-initiés peuvent ne rien remarquer, les autres en verront partout !

Me voilà donc, incrédule que je suis, embarquant sur le vol Sydney – San Fran (pour les intimes). Arrivée à mon siège, une forte américaine (traduire : un peu enveloppée) est tranquillement assise à ma place. Elle me demande avec un grand sourire si je pourrais échanger ma place contre la sienne, juste à côté. Elle voudrait être avec son amie. Ok, pas de problème, j’échange sous une effusion de remerciements.

Je signale, pour celles et ceux qui ne me connaissent pas, que je suis capable de ne reconnaître une allusion homo, un plan drague, même flagrants, qu’une demi-heure après…

Pour le coup, là, c’était 8 heures… et plus exactement quand les deux amies ont commencé à se peloter… J’ai très peu (et très mal) dormi sur ce vol…
Moi, toujours naïve, je me dis que c’était un coup du destin, que finalement, statistiquement, vu le nombre d’avions que je prends dans l’année, je devais passer des fois à côté d’homos.
Eh bien… le retour était pareil… Comme quoi… la géopolitique homosexuelle se devine même dans les avions…


Ps : notons quand même que j’ai mieux dormi au retour qu’à l’aller… et oui… j’étais bien assise à côté de deux personnes de sexe féminin, mais il s’agissait d’une mère et de sa fille.




La suite une prochaine fois…


Pam


 © 2005 feesdulogis.net