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1er Mai. Je cherche toujours quelqu'un pour m’offrir du muguet. Le temps est magnifique, ça sent l’été et les examens.
1er Mai. Fête du travail. On râle un peu parce que ça tombe le dimanche, on perd un jour de congé. Il fait beau, on va se balader. On ne pense pas trop au pourquoi de ce jour. Un jour férié qui n’est pas une fête religieuse. Il n’y en a pas tellement. 1er Mai et fête nationale, je ne vois rien d’autre. Moi, quand j’étais môme, je savais très bien à quoi correspondait le 21 juillet (mon 14 d’Outre-Quiévrain), par contre, pourquoi une Fête du Travail, ça, mystère. Donc, petit rappel. Le 1er Mai, c'est déjà de l’histoire ancienne. Ça commence le 1er Mai 1886, à Chicago, lorsqu’une manifestation ouvrière est réprimée dans le sang. La date sera adoptée comme symbole de la lutte ouvrière par la IIe Internationale (fondée en 1889, par les partis socialistes et sociaux-démocrates européens). Elle réclamait quoi, la lutte ouvrière ? La journée de 8 heures, pour commencer. Et puis, d’autres mesures sociales, protégeant plus ou moins bien les travailleurs de l’avidité patronale, des mesures qui vont aboutir à la création de la sécurité sociale et aux indemnités de chômage : un revenu décent assuré à tous (enfin en théorie). Depuis la fin de la guerre, on a l’impression que tout va bien chez nous du point de vue social. Les Trente Glorieuses sont passées par là, puis ont fait place à une crise économique que l’ultra/néo-libéralisme à la mode affirme être seul à pouvoir régler. La Sécu est bien là, seulement elle subit des assauts de toutes parts, on l’accuse d’être un gouffre. S’il y a tant de chômage, c'est que les salaires sont trop élevés, et que les salariés ne travaillent pas assez (les 8 heures sont sérieusement visées). Le service public, c'est pas rentable. Faut du privé et du rentable. Intellectuel ? Artistique ? Social ? Pas intéressant tout ça. Ça ne génère pas de profit. 29 Mai. On va vous demander de signer en bas d’un texte. Texte bien trop long pour que vous l’ayez lu. Texte dont on parle partout. Tous les politiques en ont fait leur Carthago delenda est * de fin de discours. Même les socialistes (qui n’ont plus grand-chose à voir avec la IIe Internationale…). Ça s’agite partout. Sur Internet, sur les forums, y compris sur le nôtre (lien). La vraie question, c'est de savoir si vous souscrivez à l’ultra/néo-libéralisme. Moi, je m’étonne encore qu’ils n’aient pas supprimé le 1er Mai à la place du Lundi de Pentecôte. La Pentecôte, ce n’est pas subversif. Ce n’est pas revendicatif. Ça ne déplaît pas à Ratzinger. Par contre, le 1er Mai, ça c'est du jour de congé qui veut dire quelque chose – enfin, qui devrait Mais franchement, si vous souscrivez à ce truc le 29, à mon avis, il ne fera plus long feu votre 1er Mai. Trop rouge pour eux, ça va rapidement passer à la trappe, à mon humble avis, (j’vais signer « Cassandre » !). Et c'est pas le congé que vous regretterez. C'est le symbole. |
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Charlin pour FdL |
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* « Carthage doit être détruite » : leitmotiv de Caton le Censeur, qui achevait chacun de ses discours, quel qu’en soit le sujet, par cette phrase. Mort en 149, il n’a pas vécu la 3e guerre punique (148-146) au terme de laquelle Carthage fut rasée et réduite en province romaine. (C'était le quart d'heure antiquisant.) |
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