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A l'heure où des couples du même sexe sont reconnus comme concubins notoires, où l'on naît tous libres et égaux (sic), il est des individus qui doivent combattre les idées reçues afin d'avoir une place dans la société, dans toute la diversité que peut receler l'humanité. Dans combien d'années (de siècles ?) les gens "trop différents" seront considérés comme des êtres humains à part entière ? Je n'ose pas m'aventurer à donner une réponse. L'autre jour, j'avais remarqué la campagne d'affichage répandue par le Centre de Transfusion Sanguine. N'ayant pas donné mon sang depuis un certain temps, j'avais donc décidé de me rendre Place du Capitole (à Toulouse) afin d'accomplir ma B.A. J'avais même emmené mon fils pour lui inculquer un peu de sens civique et satisfaire sa soif toute relative de savoir. Bref, que de bonnes intentions. J'avais commencé à remplir le formulaire quand je suis tombée sur la question suivante : Etes-vous homosexuel(le) ? En tournant la feuille, je me suis aperçue qu'il y avait une liste de contre-indications au don de sang, dont l'homosexualité. J'ai interpellé un homme du CTS en l'interrogeant sur le bien-fondé de cette question. Il m'a répondu que cela faisait partie des groupes à risques. S'ils sont si dangereux, lui ai-je rétorqué, n'avez vous pas peur des fausses déclarations ? De toute façon, me dit-il, nous testons tous les échantillons. Exactement ce que je voulais lui faire dire. Je lui ai dit que cette discrimination gratuite m'indignait car elle mettait délibérément hors-circuit des gens qui voulaient accomplir un acte de solidarité. Qui donne son sang en France ? Les dons n'étant pas rémunérés, j'entrevois difficilement une autre démarche que celle d'une personne responsable qui en fait le choix. Je lui ai ensuite fait remarquer qu'il y avait en France des dizaines de milliers de séropositifs qui s'ignoraient et que désormais la population la plus concernée était hétérosexuelle et féminine (dixit le Ministère de la Santé), et que de ce fait le questionnaire pouvait à juste titre être perçu comme de la provocation. Dans tous les cas, il donne au tout venant une image malsaine (dans tous les sens du terme) de l'homosexualité et contribue à répandre des idées ségrégationnistes. Débattre à l'assemblée sur ce que peuvent ou pas les homosexuels n'est-il pas à l'origine un acte discriminatoire ? Sommes-nous des êtres humains ou merde ? Je crois, hélas qu'il y a encore des gens qui diraient merde et beaucoup trop qui n'oseraient pas se prononcer. Dois-je faire estampiller "homosexuelle" sur ma carte de don d'organes ? Veut-on réellement faire évoluer les mentalités ? Y-a-t-il une véritable volonté politique ? Tout ça me fait penser à la chanson de la fermière qui allait au marché que je fredonnais quand j'étais petite : " un pas en avant, trois pas en arrière...." . J'ai annoncé à l'homme du CTS mon intention de partir en précisant que c'était dommage car j'ai un groupe sanguin recherché (AB-) histoire de l'énerver un peu. Il m'a dit que dans ce cas, on pouvait s'arranger (re-sic). Honnêtement, je ne sais pas ce qui m'a le plus choquée dans toute cette histoire. Je n'ai plus envie de donner mon sang. Est-ce que c'est ce qu'on attendait de moi ? Pousser les gens à s'exclure d'eux-mêmes finalement..... |