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Le syndrome de la princesse charmante On connait toutes ça. Nous avons toutes autour de nous des lesbiennes qui pleurent parce qu'elles ne trouvent personne. Ou qui ne comprennent pas pourquoi elles tombent toujours sur celle qui ne leur faut pas. Quand ce sont nos amies on les plaint... jusqu'au jour où on se rend compte que c'est quasiment systématique. Eh bien mes soeurs c'est très grave : ces femmes sont sans doute atteintes du syndrome de la princesse charmante, assez fréquent chez les lesbiennes. Oh bien
sûr, ces difficultés à trouver une compagne ou ces mauvais
choix faits en toute bonne foi ont parfois des causes qui nous échappent
totalement : manque de pot (ça arrive), naïveté due au manque
d'expérience, raisons profondes et inconscientes qui font qu'on
se met systématiquement dans ces situations (un exemple : chez
les filles, on retrouve souvent le grand classique inconscient : "je ne vaux
rien donc je ne vais sortir qu'avec des filles qui me le confirmeront").
"Mais à la fin qu'est-ce donc que ce syndrome ?" vous entends-je vous exclamer, agacées et limite inquiètes. J'y viens. Depuis un bon moment, j'ai remarqué que les femmes qui se plaignent de ne pas trouver la femme de leur vie sont souvent les mêmes que vous entendrez affirmer de manière péremptoire qu'elles veulent une nana blonde, brune, rousse, féminine, non fumeuse, non buveuse, hors-ghetto, drôle, belle, intelligente, ayant un bon niveau intellectuel et social (si, si), à qui le mauve va bien, sans plombage et tout de suite, là, maintenant. J'exagère ? Combien de fois avez-vous entendu comme moi des phrases du genre "Ah non moi les nanas pas féminines (i.e. cheveux courts, sans robe, ni talons hauts, ni maquillage...) c'est hors de question !", "Moi je n'aime que les blondes/rousses/brunes", voire pire, "Les militantes hommasses qui se murgent à la bière, très peu pour moi" ? Hmmm ? Vous ne me croyez toujours pas ? Faites avec moi le test suivant : prenez un journal ou un site web où on peut trouver des petites annonces de lesbiennes, et lisez. J'ai fait le test avec un mensuel mixte national. Première page de P.A., en plein dans le mille (je traduis les abréviations) : "Adolescente de 40 ans, féminine, hors-milieu, anti-stéréotypes, job intello, cultivée, raffinée cherche jeune femme 25-50 ans même profil, etc." Eh bien ça, mes soeurs, ce n'est pas le simple problème des petites annonces ! C'est la première forme du syndrome de la princesse charmante ! "Mère Noëlle, pour Noël, je voudrais la femme parfaite, les autres j'en veux pas !" Loin de moi l'idée de nier que nous avons toutes des critères physiques et moraux plus ou moins flous, des goûts plus ou moins prononcés. Mais faut pas non plus déconner. Vous y croyez encore vous, à la Mère Noëlle ? Non. Alors cessez de croire au mythe de la femme parfaite. Parce que c'est comme ça qu'on se retrouve à sangloter que personne ne nous aime. Et là je vous entends objecter (Si ! je vous entends, ne niez pas !) triomphante "Mais moi M'dame, ce n'est pas que je ne trouve pas de copine, c'est que je n'en trouve aucune qui me convienne !" Oui, eh bien je serais vous je ferais moins la fière parce que vous êtes sans doute atteinte de la forme la plus répandue du syndrome de la princesse charmante, celle à qui il doit son nom. Cette forme très répandue, disais-je, et paticulièrement sournoise, résulte d'une longue et lente intoxication. En effet, depuis l'enfance, on nous a toutes gavées comme des oies de contes de fées, où la gentille héroïne maltraitée voyait finalement arriver le prince charmant (la princesse charmante pour les plus précoces d'entre nous) qui l'emportait sur son cheval blanc jusqu'à son château où ils vivaient heureux pour l'éternité, en parfaite harmonie et avaient beaucoup d'enfants. Et nous, comme des gourdes, on y a cru ! Surtout qu'après l'enfance, les films hollywoodiens, les feuilletons télé et autres collections Harlequin ont pris le relais. Oui eh bien le résultat est là : nous idéalisons sans nous en rendre vraiment compte la personne que nous aimons et la vie de couple au quotidien. Des preuves ? Que celle qui n'a jamais vécu cette phase de désillusion plus ou moins intense après la phase euphorique du début, quand nous réalisons que la femme que nous pensions parfaite ne l'est pas, ose m'en demander ! Elle ronfle, elle ne connaît pas Pissaro, elle n'aime pas votre actrice préférée, elle écoute de la musique de plouc, elle laisse des cheveux dans le lavabo... Et parfois on finit par se dire qu'on s'est plantée, que ce n'est pas la femme de notre vie mais un faux numéro. Et on se dépèche de la larguer pour être libre quand la femme de notre vie, la vraie, notre princesse charmante, arrivera. "Mais comment allons nous en sortir ?" vous entends-je déjà pleurnicher ? Eh bien rassurez vous : Tatie Carole, dans son infinie mansuétude, va vous livrer les clés du bonheur. La solution est d'ailleurs simple, elle tient en quelques mots : réalisme, tolérance, indulgence, patience. Elle ronfle ? Vous croyez qu'elle le fait exprès ? Les boules Quies, vous en avez entendu parler ? Et vous, vous connaissez Mark Rothko, hmm ? Et vous n'avez jamais de sautes d'humeur ? Et vous pensez toujours à remettre le lait dans le frigo ? Vous êtes toujours parfaite ? Non ! Alors arrêtez d'exiger de l'autre qu'elle le soit tous les jours. Non la femme parfaite n'existe pas, pas plus que le couple parfait. Le Prince charmant et Blanche Neige eux aussi s'engueulaient pour choisir le programme télé. Et je suis sûre que la Belle au Bois Dormant passait ses dimanches en t-shirt informe à bouquiner en bouffant des chips quand elle avait assumé son rôle de reine toute la semaine. Alors arrêtez de pleurnicher, mouchez-vous et regardez bien la petite butch rondouillarde là-bas, au bar. Oui, celle avec le crâne rasé et un appareil dentaire. Oui, oui, celle qui boit sa kro à la canette et qui cause des mérites comparés de Kant et du football. C'est peut-être elle, la femme de votre vie. "Sometimes
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