Message à vous tous qui croyez encore que l'homosexualité est un choix de vie.



Voyez-vous, je crois que si tel était le cas, nous serions bien moins nombreux étant donné les quolibets et les insultes proférés par les gens "bien pensants". Malheureusement - ou plutôt heureusement, d'ailleurs, pour la diversité de la nature - être homosexuel n'est pas un choix.

Eh non, je n'ai pas plus choisi d'être homosexuelle que vous avez choisi d'être hétérosexuels. Bien sûr, quand j'étais plus jeune, j'ai tout fait pour me persuader que j'étais hétérosexuelle. En effet, toute la journée, j'entendais des gens comme vous, répéter "les homosexuels ne sont pas normaux", "les homosexuels sont des pervers", "l'homosexualité n'est pas naturelle"… sans oublier les insultes et autres "sales pédés". Pourtant, moi, quand du haut de mes 7 ans, j'avais plus envie de faire un bisou à Anne-Cécile qu'à Pierre-Antoine, je ne me sentais ni perverse ni pas naturelle, j'étais amoureuse, c'est tout, je ne voyais pas la différence. Seulement, après des années de rabâchage, j'ai fini par y croire, moi aussi, que l'amour que je ressentais pour mes copines de primaire, de collège, de lycée... n'était pas aussi pur et pas aussi "normal" que celui que celles-ci ressentaient pour leurs copains.

Alors j'ai fait "le choix" d'être hétérosexuelle. Je suis sortie avec un garçon et je l'ai même épousé. Pour être "normale", comme les autres, rentrer dans le rang. Mais voyez-vous, on ne fait pas plus le choix d'être hétérosexuelle qu'on fait celui d'être homosexuelle. Je ne sais pas comment je pourrais vous expliquer ça avec des mots simples, mais pour moi, "le devoir conjugal" tenait plus du viol (ce mot est bien fort puisque, finalement, j'étais "consentante", mais je n'en ai pas trouvé d'autre pour expliquer ce que je ressentais, je m'excuse donc par avance auprès des victimes de viol que je pourrais choquer) que d'un acte d'amour.

Je me suis donc retrouvée face au seul vrai choix : continuer à vivre ainsi en étant malheureuse, en souffrant, en rejetant ce que j'étais vraiment, en ayant honte d'être moi-même ou alors décider de me prendre par la main, de faire face à tous ces gens bien pensants qui ignorent de quoi ils parlent et vivre ma vie en étant moi, affirmée et heureuse. C'est le choix que j'ai fait, il y a 7 ans maintenant, et je dois vous dire que je ne le regrette pas, malgré les remarques des gens comme vous, malgré les bâtons dans les roues que nous met la société.

Les homosexuels ne revendiquent pas la normalité, ils sont normaux, ils vivent normalement, ils travaillent normalement, ils paient leurs impôts normalement, ils font du sport normalement... Non, ce que revendiquent les homosexuels, c'est justement que leur normalité soit reconnue. En effet, ce qui est anormal, ce n'est pas que je vive avec une femme, que j'achète une maison avec une femme pour y habiter. Ce qui est anormal, c'est que si elle décède, je devrai vendre la maison que nous avons achetée ensemble, rêvée ensemble, rénovée ensemble, pour payer les droits de succession... Pourtant, quelle différence y a-t-il entre vous qui achetez une maison avec votre femme, votre mari, et nous ?

J'espère que la prochaine fois que vous croiserez un homosexuel vous éviterez de porter un jugement à l'emporte-pièce, mais que vous irez vers lui pour apprendre à le connaître comme lui le ferait envers vous, sans idée préconçue.


Bien cordialement,



Ally


PS : j'avais au départ abordé ce sujet à cause d'un commentaire sur un blog qui m'avait fait bondir, mais depuis que je l'ai écrit, le Ministère des Affaires Etrangères en a rajouté. En effet, voici ce que le porte parole dudit Ministère a déclaré lors d'un point presse hier, 30 mai, quand on l'a interrogé au sujet des violences lors de la première Gay Pride de Moscou (à laquelle participait des Français) : « Nous déplorons ces violences et rappelons que l'orientation sexuelle relève de la sphère privée. Nul ne saurait donc être victime de violences au nom de ses choix en la matière. ».
C'est pas gagné…


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