Il fait chaud.



Il fait chaud. Beaucoup trop chaud.

Sylvie n’en peut plus. Heureusement qu’elle n’est pas obligée d’aller au bureau un jour pareil ! Elle en est déjà à sa troisième douche et il n’est que 11 heures. Si ça continue, elle va se liquéfier sur place.
Prévoyant un début d’après midi encore plus étouffant elle organise son appartement : éviter l’entrée directe du soleil, sauf un petit rayon par ci par là pour la beauté de la lumière ; créer un léger courant d’air sans que les portes claquent et sans que tout s’envole de son bureau.
Elle prend son temps mais il va pourtant falloir qu’elle se mette à bosser. Allez, dernière douche avant de s’installer derrière son ordinateur. Elle se sèche à peine et enfile un kimono léger. Fraîche et claire elle ouvre ses fichiers de travail et attaque. Bien décidée à ne pas se laisser distraire par la chaleur elle dénoue la ceinture de son kimono pour que l’air la rafraîchisse et lui permette de garder une température corporelle favorable à sa concentration. C’est parti !



Il fait chaud. Beaucoup trop chaud.

Ariane n’en peut plus. Heureusement qu’elle n’a pas été obligée de se lever ce matin. Les rideaux sont toujours tirés mais laissent passer quelques rayons de soleil qui sont venus la réveiller. Déjà 11 heures, mais elle n’a pas envie de se lever tout de suite.
Elle entend Sylvie s’affairer dans la pièce d’à côté, la douche. Hummm, la douche… elle irait bien la rejoindre sous la douche… Non, pas tout de suite. Son corps est encore trop engourdi pour qu’elle bouge. Elle se roule dans le drap et s’accorde quelques instants de somnolence en repensant à la nuit dernière… et aux précédentes… et aux suivantes… et aux siestes qu’elles partagent.
Elle n’entend plus rien dans la pièce d’à côté, Sylvie doit travailler, le front plissé de concentration, les doigts qui volent sur le clavier. Elle hésite encore à se lever, mais la chaleur la pousse hors des draps, vers une douche fraîche.



Il fait chaud. Beaucoup trop chaud.

Ariane laisse l’eau glisser sur son corps. Elle s’étire et se désengourdit.
Elle s’enroule dans une serviette. Ses pieds nus laissent des traces humides sur le sol. Elle se penche pour déposer un baiser sur cette nuque penchée, studieuse qui la fait toujours fondre.



Il fait chaud. Beaucoup trop chaud.

Sylvie entend les pas humides sur le sol. Elle sent la fraîcheur sur son cou, les cheveux mouillés qui caressent ses épaules, la goutte d’eau qui s’échappe et glisse lentement, très lentement sur sa peau, entre ses seins, vers son ventre.




Il fait chaud. Beaucoup trop chaud.

Impossible de travailler, il y a des siestes qui n’attendent pas.


Mireille


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