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Il y a des mois où je regrette un peu que nous paraissions le 20. Le mois de juin surtout. Pourquoi ? Parce que le mois de juin, c'est le mois des marches pour nos droits et que je ne finirai jamais d'avoir envie que tout le monde défile, donc d'avoir envie d'en parler. Mais, à l'heure où vous lirez ces lignes, la plupart des marches auront eu lieu (je serai moi-même allée défiler place du Capitole à Toulouse histoire de). C'est pas grave. Pourquoi marcher donc ? Souvent, j'entends dire que ces marches ne servent à rien, voire même donnent, par la présence de Drag-queen, de mecs à poils et d'affiches pour les « 3615 du cul », une « mauvaise image de l'homosexualité ». Je pourrais me contenter de répondre, comme le fait toujours une de mes amies, que les Gay Prides sont des marches revendicatives, pas une opération marketing. Nous défilons pour faire respecter nos droits, notamment notre droit d'être différents. Et dans « différents », il y a aussi « Drag-queens ». Mais j'irai plus loin. Ça fait bientôt dix ans que je défile. Et plus de dix ans que j'entends parler de la Gay Pride de Paris à la télé. C'est cette marche qui m'a fait vraiment réaliser que j'étais loin d'être isolée. Loin d'être si différente. C'est dans l'extraordinaire énergie positive que dégage cette marche que j'ai trouvé la force d'aller vers mes semblables. Dans cette marche que s'est imposée à moi l'idée que, moi aussi, je devais faire quelque chose pour qu'en France et ailleurs, on arrête de mourir parce qu'on est homosexuel, d'être tabassé, violé, licencié, rejeté, insulté. Et il semblerait que je ne sois pas la seule parce que, quand on regarde bien, ces marches sont nées pour célébrer les émeutes du Stone Wall Inn, il y a trente-quatre ans. Elles ont permis au mouvement militant homosexuel de se rassembler, de se fédérer, de gagner en force. Et en trente-quatre ans, au moins dans les pays occidentaux, jamais le respect de nos droits n'a autant progressé. Avant, nous nous taisions et nous nous cachions. Qu'avons-nous gagné en terme de droits de la part de cette société hétérocentrée ? Rien. Aujourd'hui, une fois par an, nous défilons. Et mine de rien, ça fait bouger les choses. Parce que nous sommes nombreux. Il faut donc aller défiler en juin. Et si ce n'est pas pour nous, il faut le faire pour ceux qui ne le peuvent pas. Et le reste de l'année me direz-vous ? Moi, le reste de l'année je milite aussi. Et vous ? Bonne marche, les filles et les gars. |