Droit à la différence, droit à l’indifférence…


Il y a une différence (1) entre moi et un(e) hétéro. Mais pourquoi est-ce moi qui suis différente ? Je veux dire : l’hétéro ne se considèrera pas comme différent, c’est l’homo qui est différent... C’est déjà une façon d’admettre le concept de la normalité (pouah !). (J’ai mis quatre fois le même mot en trois lignes...)

Il y a donc une différence, relative, pas absolue. Reste à voir comment on la vivra. Oh, comme c’est bizarre, c’est pas l’hétéro qui va la vivre... Déjà, on veut le dire. Parfait, il faut. Mais après on vous colle une étiquette. Enfin, vous aviez auparavant, d’office, une étiquette d’hétéro, comme tout le monde (re-pouah). Mais on vous colle maintenant une étiquette d’homo dessus. Bien rose fuschia, on la loupe pas. Vous êtes La lesbienne, Le gay. Or je sais pas vous, mais moi, je suis lesbienne, mais aussi féministe, étudiante, bordélique, blonde (et néanmoins pas trop conne... faites gaffe à ce que vous dites !), pas ponctuelle, insolente, etc. Enfin je suis beaucoup, beaucoup de caractéristiques... (bon je sais pas si on peut être des caractéristiques, mais...)

Faut dire que cette étiquette est bizarre : il faut la montrer à une personne pour qu’elle la voie. Mais après, elle la voit trop (souvent, hein, tout ça, ce n’est jamais que des généralités...)

Alors oki, il y a une différence (tout le monde dit je suis différent(e) mais là je viens d’affirmer le contraire alors je vais quand même pas écrire ça hein ;) ). Et c’est moi qui doit l’assumer. Mais j’aimerais qu’on se comporte de la même façon en sachant que je le suis qu’avant (oui ben en évitant quand même les « Tu nous le présente quand, ton petit ami ? » et les « pédé » « enculé » comme injure). En tenir compte juste ce qu’il faut.

Et l’indifférence(2)... En fait je ne veux pas l’indifférence par rapport à moi. Je veux l’indifférence par rapport à mon homosexualité. C’est bizarre, mais c’est très simple en fait : je suis lesbienne, acceptez-le. J’ai le droit qu’il y ait une différence entre nous, et j’aimerais que vous vous en fichiez éperdûment. C’est pas une raison pour n’en avoir rien à foutre de moi.

(1) Différence : ce qui distingue une chose de l’autre, un être d’un autre ; relation d’altérité entre ces choses, entre ces êtres.
(1) Indifférence (3e sens) : absence d’intérêt à l’égard d’un être
Source : le Robert Quotidien 1996