Veuillez patientez…
Les
Etablissements Français du Sang, lorsqu’ils organisent des collectes mobiles,
distribuent des questionnaires à remplir par les candidats au don, afin de
gagner du temps. En effet, ces questionnaires permettent aux personnes dont
le sang ne peut être pris de ne pas attendre leur tour inutilement.
Si vous avez été transfusé-e
dans les années à risque, si vous êtes porteuse ou porteur du paludisme, par
exemple, vous ne pouvez pas donner votre sang.
Jusqu’ici, ces restrictions
sont tout à fait logiques. Mais que dire de certaines autres, telles que
« si vous avez eu des relations sexuelles en échange d’argent » ou
« si vous avez eu des relations sexuelles avec un partenaire de même sexe » ?
Les billets seraient-ils contaminants ? L’homosexualité
féminine ou masculine serait-elle contaminante ?
Bizarre… D’autant plus que le taux de contamination chez les
prostituées/prostitués n’est pas plus élevé que chez le reste de la
population, que les études les plus récentes montre que les contaminations se
font majoritairement chez les femmes ayant des rapports hétérosexuels et non
pas chez les homos et que les lesbiennes ont toujours été une population
épargnée par le virus…
Bref, nous avons donc demandé quelques explications au EFS au
sujet de ces restrictions, voici l’échange :
1er
mail des fées :
Madame, Monsieur,
A l'heure où les dons du sang se raréfient et où, dans la presse, se
multiplient les appels au civisme, je trouve lamentable que vous pratiquiez
une discrimination systématique vis-à-vis de population prétendument "à
risques" : personnes homosexuelles, prostituées...
S'il existe bien des "comportements à risques", je
trouve scandaleux et éthiquement douteux de parler de "population à risques".
J'aimerais connaître vos justifications vis-à-vis de telles
restrictions.
Salutations
F. Le Romancer
La réponse des EFS :
Madame,
La transfusion sanguine est une discipline médicale fondée sur
l'altruisme et la générosité, mais aussi
structurée par des règles de sécurité strictes fondées sur des
références épidémiologiques, comme toute politique de Santé Publique.
La décision médicale ne doit s'appuyer que sur des arguments
scientifiques, épidémiologiques en l'occurrence. Vis-à-vis du virus de l'hépatite
B et du virus de l'immuno-déficience humaine, les relations homosexuelles masculines sont encore aujourd'hui un
facteur de risque d'exposition, de
même que le multi-partenariat hétérosexuel, et qui constitue également
une contre-indication au don.
Laisser le médecin seul juge de l'aptitude au don en fonction de
convictions personnelles relèverait
d'une décision pouvant être qualifiée de discriminatoire. Appliquer
une décision fondée sur des arguments épidémiologiques relève de la Santé
Publique.
La finalité du don est de soigner un malade, et ces mesures,
collectives, vont dans ce sens. Leur
application ne relève jamais d'une décision personnelle et n'ôte rien
à la noblesse de la démarche
de celui qui a souhaité participer à cette action. Les données
épidémiologiques actuelles ne
permettent pas aujourd'hui de remettre en cause cette mesure.
Cordialement
Direction de la Communication
Réponse des fées à la
réponse des EFS:
Je n'ai pas eu les éclaircissements demandés...
>Vis-à-vis du virus de l'hépatite B et du virus de
l'immuno-déficience >humaine, les relations homosexuelles masculines sont encore aujourd'hui >un facteur
de risque d'exposition
Même les relations homosexuelles masculines durant lesquelles
sont utilisées des préservatifs ?
Sous-entendez-vous que c'est la pratique supposée de la sodomie
qui motive vos restrictions ? Selon vous, cette pratique est donc
systématique des relations homosexuelles masculines, mais totalement inconnue des hétérosexuels ?!
>de même que le multi-partenariat hétérosexuel
Même avec l'utilisation
des préservatifs ?
De plus, dans les formulaires que l'on doit remplir lorsqu'on fait la
démarche de donner son sang, il n'est pas précisé "relations homosexuelles
masculines". Il est écrit en toutes lettres "vous ne pouvez pas
donner votre sang si vous êtes homosexuel"* et des lesbiennes se sont vu
"dispenser" du don pour cet
"argument".
Je ne comprends donc toujours
pas ces choix de la part de vos établissements...
FLR
La réponse des EFS :
FLR
Votre message a été transmis à un médecin à la Direction médicale et
scientifique. Je vous remercie de patienter quelques jours pour obtenir la
réponse
Cordialement
Direction de la communication
Fin
de la conversation.
J’attend
depuis plusieurs mois maintenant la réponse du médecin de la Direction
médicale et scientifique… Et je vous épargne les nombreuses relances par mail
qui leur ont été faites.
De là à conclure qu’il n’y a
pas de réponse scientifiquement valable, il y a un pas que j’ai franchi il y
a quelques temps.
Alors voilà, seuls les hétéro
fidèles peuvent donner leur sang. Et on s’étonne de manquer de donneurs !
* En effet, c’est ce qui
figurait à l’époque dans les formulaires, mais sous l’action de l’association
Prochoix,
la formulation est devenue « si vous avez eu des relations sexuelles
avec un partenaire de même sexe »
Un progrès presque
insensé, n’est-ce pas ?
Fred
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