Magali
et moi nous sommes acceptées en tant que lesbiennes il y a
peu de temps : novembre et rentrée 1999 respectivement. Evidemment,
cela ne s'est pas fait sans douleur et sans questionnement.
Lorsque
la revue s'est créée (la génération spontanée
n'existant pas, on devrait faire une longue phrase explicative, pour
être exactes, sur la façon dont les Fées du Logis
a vu le jour, mais c'est trop long, alors nous vous remercions de
votre indulgence quant au terme utilisé), donc, lorsque la
revue a été créée, Magali et moi avons
pensé que cela pourrait être intéressant de tenter,
mois après mois, de répondre à toutes ces questions,
sous forme de FAQ (Foire Aux Questions pour les bébés-internautes).
Bien
entendu, nous ne pensons pas être exhaustives, alors nous faisons
appel à vous. Si vous avez des questions, voire des réponses,
n'hésitez pas à nous en faire part et nous ferons notre
possible pour vous éclairer.
C'est
la première question que nous nous sommes posées : "à
qui en parler, où en trouver (des lesbiennes bien sur !!!)?" D'accord,
ça fait deux questions, mais le fond est le même, non?
Là,
nos expériences divergent. Magali a pu voir tout plein de lesbiennes
super (est-il vraiment besoin de préciser qu'elles sont géniales?)
via IRC, moi, grâce (entre autres, mais c'est une autre histoire)
au Centre Gai et Lesbien de Paris.
Bien
entendu, la France ne se réduisant pas à Paris, nous vous
trouverons quelques adresses en province pour le prochain numéro,
mais nous serions flattées si vous nous apportiez d'autres réponses
à cette question, d'autres lieux que vous avez fréquentés
et appréciés.
IRC
ou comment rencontrer la lesbienne virtuelle Lorsque
j'ai commencé à me poser les vraies questions sur ce que
j'étais et comment l'assumer et le vivre, j'habitais dans un trou
perdu de la vallée de la Loire.
Imaginez
donc mon désarroi. Que faire ? A qui parler ? Où aller ?
J'ai donc musé un peu sur Internet et, au détour d'un site,
j'ai découvert MA solution : IRC.
"Mais qu'est-ce donc ?" me direz-vous. Pour faire simple, c'est un système
qui permet de dialoguer en direct et de façon anonyme avec d'autres
internautes sur des canaux "à thèmes". Pour en savoir
plus sur IRC, où trouver le logiciel, comment s'en servir etc.
Rendez-vous sur la page qui est consacrée sur le site d'Attirent
d'Elles.
Il
existe plusieurs canaux lesbiens, mais celui que je connais le mieux est
#amazones.
L'intérêt
de ce genre de "rencontres", c'est qu'elles restent totalement anonymes,
ce qui, du moins au départ, peut être un atout non négligeable
pour les timides. En effet, il est tellement plus simple de dire ce que
l'on a sur le coeur à quelqu'un que l'on ne connaît pas et que
l'on pourra ne jamais rencontrer si on ne le souhaite pas.
Il
est cependant à noter qu'#amazones étant un canal privé,
vous serez "cuissées" par une des opératrices ! Pas de
panique ! Cela signifie tout simplement que l'on vous appellera pour vérifier
que vous êtes bien une fille et que vos intentions sont honorables,
tout ça pour éviter les voyeurs et les gêneurs. Si
vous voulez en savoir plus sur #amazones, visitez leur site
.
Autant
vous prévenir tout de suite, au premier abord, il peut être
relativement difficile de s'intégrer sur #amazones. Il est vrai
que tout le monde se connaît et que les conversations vont bon train,
en public mais aussi souvent en privé ce qui transforme un peu
le canal en "parking à nicks".
Il
ne faut pas hésiter à mettre son grain de sel ou à
contacter une des opératrices en privé. Bref, ne soyez pas
timides, de toute façon, personne ne sait qui vous êtes et
personne ne vous jugera alors, ça vaut le coup d'essayer. Et puis
vous verrez, la plupart des "Amaz" sont fort sympathiques et une fois
le premier contact établi, vous trouverez certainement quelqu'une
à qui confier vos angoisses, poser vos questions sans crainte des
tabous. D'autant plus que certaines Fées du Logis y passent régulièrement.
Chacune
appréhende #amazones à sa façon. En ce qui me concerne,
ce canal m'a beaucoup aidé, m'a permis d'évoluer, de rencontrer
du monde, de réaliser que je n'étais pas toute seule et
que toutes les filles passent, à quelques détails près,
par les mêmes phases et, d'une manière générale,
il m'a permis de rencontrer des filles avec qui sortir, m'amuser et découvrir
ce territoire au nom barbare de "milieu".
Le
Centre Gai et Lesbien (CGL)
3, rue Keller, Paris
XIeme
.
Avant
toute chose, comment ai-je décidé d'aller au CGL ?
Il
y a deux ans, en écoutant une émission de France Inter sur
les homosexuels à Paris, j'entends parler de cette association
apparemment très sympa et accueillante. Je prends note et le temps
passe.
Je
fais, deux mois après, un petit tour dans le quartier pour voir
un peu de quoi il retourne. J'approche et un homme sort et me dit que
je peux rentrer si je veux. Je n'ai pas besoin de réfléchir
très longtemps. A cette époque, je suis consciente d'être
attirée physiquement par certaines filles, mais je n'imagine pas
que je suis lesbienne. Mais alors pas du tout. Donc, pas de problème,
je rentre... Un peu gênée quand même, mais bon, ça
va. Après tout, je ne suis pas lesbienne, je n'ai donc rien à
me reprocher (c'est incroyable ce que l'on peut traîner comme préjugés,
non ?).
Début
septembre 99, je me connecte enfin sur la grande toile mondiale. Là,
après quelques recherches, je tombe sur le site du CGL.
J'apprends que le vendredi soir est réservé aux femmes.
Me
voici avec une nouvelle série de questions. Serais-je capable de
passer la porte maintenant que je me sais lesbienne ? Comment vont me
regarder les gens dans la rue quand j'entrerai dans le centre ? Et ceux
qui sont dans le centre ? Vont-ils me poser des questions ?...
Ayant
assez de ces interrogations sans réponse, je me décide...
j'y vais. La porte du centre... Là, vraiment pas à l'aise
du tout car je suis seule et je sais où je mets les pieds : dans
le milieu homosexuel. Ce milieu dont, je le sais, je fais partie et que
des personnes autour de moi méprisent et rejettent... l'état
d'esprit : moyen-moins !
C'est un vendredi soir, un vendredi des femmes : que des filles dans le
centre depuis 20h. Ces têtes, ces visages féminins si différents
me rassurent. Je retrouve cette diversité humaine que j'aime tant
! C'est de bonne augure !! Je me dirige vers le bar.
Là, Virginie me fait un grand sourire. Eh bien ça détend
!!!! Je me sens me relaxer un peu. Je ne suis pas encore prète
à sauter dans les bras de la première venue, mais je me
sens déjà mieux (Meuh non !!! même complètement
relaxe, je ne suis pas comme ça ! C'est une façon de parler
! Ah là là !). Mon chocolat chaud en main, je vais m'asseoir
dans un fauteuil et je regarde autour de moi. Des tas de prospectus d'informations
sérieuses ou de publicité pour tel ou tel bar, des magazines,
des tableaux sur les murs multicolores (ça me rappelle que le CGL
accueille les oeuvres d'artistes: photos, peintures. C'est très
sympa.) Bientôt, des filles autour d'une table me proposent de les
rejoindre. Ravie, j'y vais. Là nous discutons, comme je l'avais
fait avec les autres, hétéros. C'est un vrai plaisir de
voir de mes propres yeux ce qui peut sembler évident : les lesbiennes
sont des femmes comme les autres !! Pas trop de ceci, pas manque de cela.
Non, je regarde et j'écoute des femmes "normales", avec leurs beautés,
leurs qualités et leurs défauts... Des êtres humains
!!!!! Si, si ! Je vous assure, c'est vrai, je le vois de mes propres yeux
! Ce ne sont pas des intox contre le stéréotype de la vilaine
gouine perverse ! C'est la vérité vraie ! Ce qui ressemble
à du soulagement me gagne : mon impression initiale était
bonne, les lesbiennes sont des femmes comme on en voit partout ! Quel
scoop, n'est-ce pas ?
J'aime
beaucoup ces vendredis des femmes où nous discutons sur un thème
particulier, toutes ensemble, ou plus simplement autour d'un verre. Pour
animer le centre: LaurenceS (elles sont trois !), GaëlleS (en deux
exemplaires !), Virginie, Sigride, Stéphanie... Et toutes celles
qui veulent bouger ou/et faire bouger les choses ! Le CGL propose de très
nombreux services et activités. Allez voir leur site pour plus
de précisions !!