Première fois…


Carole nous l’a fait en BD : comment je suis devenue lesbienne ! Mais il n’y a pas un seul et unique chemin pour devenir une gouine estampillée (ou pas estampillée du tout d’ailleurs). C’est assez marrant comme cette étape de la vie est facilement au cœur de nos confidences intimes, comme si la façon dont nous avons abordé cette première relation amoureuse, les circonstances, l’âge auquel nous avons fait face à ce désir s’inscrivaient pour longtemps dans notre façon d’être.

Personnellement je vous ai déjà fait part, il me semble, de la façon quasi scientifique, voire clinique avec laquelle j’ai analysé mon comportement amoureux avant de me rendre à cette évidence : j’aime les femmes (voir article).

Mais il existe bien d’autres parcours… en voici deux, sans doute les premiers d’une petite série de textes sur ces « Premières fois ».




L’émerveillée



« À l’époque, je venais d’entrer au lycée. J’avais enfin quitté mon village pour découvrir la grande ville où on peut faire les quatre cents coups. Et je ne m’en suis pas privée. Avec ma copine S. on a passé l’année à rigoler dans les bars et j’avais pas mal de succès avec les mecs, même si ça n’allait jamais très loin.
À Pâques, j’ai invité S. à venir en vacances avec moi dans le Sud. Mes parents y avaient une grande maison avec jardin, mais je n’avais pas envie de subir encore une fois les repas de famille et tout le reste seule. Avec S. ce serait plus drôle. Pour être plus indépendantes, on a d’ailleurs décidé de faire du camping dans le jardin.

Le premier soir, sous la tente, c’était l’ambiance discussion à la lueur d’une bougie, cigales et pins parasol. Bien sûr, on s’est mises à parler des mecs. Un peu ronde et sans expérience, S. avait pas mal de complexes. Du coup, elle m’a posé tout un tas de questions sur le thème : comment on fait avec les mecs ? Et moi, sans ciller, forte de mes quelques flirts, je lui ai répondu avec plein de détails. C’est fou ce qu’on peu frimer quand on a 16 ans !
Me voilà en train de lui expliquer toutes ces choses inexplicables, avec un aplomb monumental. Forcément, ces choses-là, quand on en parle, on y pense, et quand on y pense, on finit par en avoir envie…. C’était très confus, très inconscient, mais très très excitant…
Je me suis retrouvée rapidement à court de mots et toujours aussi gonflée, je lui ai proposé de lui montrer (ma BA du jour !), un bisou dans le cou par exemple… Très soft, juste sensuel, mais je l’avais touchée et wahouu ! ça électrise !

Aucune des deux ne souhaitant changer de sujet, ses questions se sont affinées. Et elle a exigé d’autres démonstrations. Le bisou s’est transformé en baiser, plus langoureux, plus provocant, une main s’est glissée sous sa nuque, l’autre s’est posée sur son épaule… Nous étions essoufflées comme après un 100 mètres.
On s’est ensuite endormies sagement à 1 mètre l’une de l’autre, en se tenant par la main, parce que quand même, la nuit, dehors, il y a des bruits qui font peur… Les nuits suivantes, nous avons bien sûr repris nos discussions et nos expérimentations, mais sans jamais oser aller plus loin. Aller où d’ailleurs ?

Le week-end, mes parents étaient invités chez des amis à Barcelone, nous n’avons pu que suivre pour découvrir à l’arrivée que nous serions logées comme des princesses : un appartement pour nous toutes seules, les adultes restant entre eux de l’autre coté du palier. Du coup, nous avons filé dès la fin du repas. Une urgence !
Le seul petit problème était que cet appartement n’avait qu’une chambre avec un grand lit, dommage… Impossible de rester à un mètre l’une de l’autre, il a bien fallu se rapprocher un peu plus. Alors on a commencé à expérimenter le contact sur d’autre parties du corps, le ventre, les jambes qui se cherchent, se croisent, se mélangent… Un baiser dans le cou qui s’égare sur les lèvres… Baiser long, profond, doux et nos corps qui se mettent à bouger sans qu’on sache très bien pourquoi, juste que c’est très bon…
Nous étions toujours habillées, mais l’exploration s’est poursuivie sous les T-shirts… Les mains qui se glissent… Découverte de la peau, découverte de l’autre, tension extrême… Quand ma cuisse s’est glissée entre ses jambes, quand je l’ai remontée, j’ai senti qu’elle se cambrait vers moi, je n’ai plus bougé… Instant étrange, suspendu, on savait que quelque chose allait arriver, mais quoi ? Et puis j’ai recommencé à bouger, doucement, et comme un orage qui craque enfin je l’ai senti fondre en soubresauts contre moi. Je ne savais pas très bien ce qui se passait, mais j’étais soudain éblouie et tellement contente de moi…
Sa tête est lentement retombée sur l’oreiller, son corps encore tout vibrant, et je l’ai couverte de baisers très tendres. Nous nous sommes endormies là… raquo;




L’effrontée



« Ma première fois ? Ouhlala, j’avais 15 ans ! Et c’était avec une amie de ma mère !
Elle était divorcée depuis peu et m’avait invitée pendant l’été dans la caravane qu’elle avait au bord de la mer. C’était une grande caravane résidentielle mais il n’y avait qu’un seul lit, alors je dormais sur le canapé.

Je viens d’une famille naturiste, elle le savait et n’a donc pas été surprise de me voir souvent nue, et pas seulement pour dormir. Seulement je me rendais bien compte qu’il y avait quelque chose d’étrange dans son regard sur moi, je n’étais pas vraiment capable de définir quoi, mais ça me troublait. D’ailleurs j’en rajoutais dès que je pouvais, me promenant nue sous son nez, en m’habillant devant elle, en mettant une robe avec rien dessous… Je jouais. Je me disais que je pouvais le faire, que ce n’était pas un homme, elle n’allait pas me violer.
En fait je me suis vraiment rendue compte de mon trouble quand à la plage elle a passé de l’huile sur mon dos. Le contact de ses mains sur ma peau a réveillé de drôles de sensations dans mon ventre…
ça a duré comme ça quelques jours et puis elle m’a proposée de venir dormir dans le grand lit avec elle. J’ai hésité un moment, mais le canapé était vraiment inconfortable malgré ce que j’avais dit jusque là. Et puis j’espérais bien qu’il se passe quelque chose.

Et c’est arrivé ! Au matin en fait. Je me suis réveillée avec une sensation très agréable… Sa main sur ma peau, tout près de mon sexe… J’étais nue bien sur, et je faisais semblant de dormir encore, même si la respiration devait me trahir car mon excitation montait. Je connaissais la masturbation, mais là, c’était tellement différent.
Et puis elle a embrassé ma bouche et je lui ai rendu son baiser. Elle a continué à m’embrasser en me caressant jusqu’à ce que je jouisse. Ce premier jour, moi, je n’ai rien fait, mais je me suis rattrapée les jours suivants, ou plutôt les nuits suivantes.
C’était marrant, la journée on en parlait pas, on faisait comme si de rien n’était et la nuit venue, on faisait l’amour, tous les soirs et tous les matins. »


Mireille


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