L'herbe aux fées




J'en suis sûre, certaines diront à la lecture du titre : « Qu'est ce que tu fous Maboo... on en a rien à carrer de ton lichen, on est pas là pour parler botanique ! » D'autres se demanderont si les fées, à l'instar des vaches, bouffent du foin ou si, tout simplement, je me suis mise à fumer de l'herbe. À toutes, je leur répondrai : « Détrompez-vous, Mesdemoiselles, ce n'est pas avec la main verte que je viens vous trouver, mais avec l'esprit grisonnant  »...

Plus d'un mois que je tourne en rond, que je regarde de travers ce satané clavier qui se dérobe sous mes doigts, que mes pinceaux ont décidé la grève, que ma couette m'engloutit, tel un monstre de série Z, sans me donner vraiment le repos dont je rêve... Et le pire : que la femme que j'aime constate avec désagrément que ma libido n'en est plus qu'à un stade primaire : celui du doigt dans la bouche pour essayer de m'endormir. Certes, c'est charmant d'avoir le deux-en-un : la femme-enfant, mais je doute fort qu'elle se plaise à me changer la couche ad vitam eternam !

Alors que faire dans ces cas-là ? Se foutre un coup de pied au cul, alors que c'est le cerveau qui aurait besoin d'un brin de 220 volts ? Quitter sa copine pour qu'elle n'ait plus à voir ce spectacle navrant ? Ou bien tuer son chat histoire d'avoir un truc à raconter ?

Par expérience -- j'en suis à mon troisième souffle -- rien ne sert de procéder à l'élimination de quelqu'un ou de quelque chose. Coucher avec la Madonne, gagner au loto ou se mettre au vert pourrait bien évidemment me faire remonter le taux de sérotonine pour 5 minutes, mais moi, mon truc, le thermomètre de mon humeur, c'est de créer. N'importe quoi, mais créer : une illustration, une lampe avec des rouleaux de PQ, un texte... Faire rire les filles, quoi !

Alors, pour me filer un coup de main, pour m'aider à avoir envie d'avoir envie (de créer, entre autres), mon acupuncteur après m'avoir planté mille aiguilles dans les fesses m'a prescrit du Millepertuis.

Qu'est-ce donc que cette chose-là ? Une plante aux vertus thérapeutiques ayant plusieurs appellations...

Imaginez que j'ai le diable dans la tête, un peu comme Nicholson dans Shinning, mais en beaucoup moins effrayant. On appellera le millepertuis « l'herbe de chasse diable ».

Imaginez encore que ma cervelle soit spongieuse et l'on nommera la plante « l'herbe aux milles trous » .

Imaginez que de tout cela j'en fasse un billet d'humeur, moi qui n'ai rien écrit depuis un mois : le millepertuis considéré comme la plante éloignant le diable et les sorcières, c'est aussi « l' herbe aux fées ».
Allez comprendre...