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La guenon ![]() La guenon est à la goudou ce qu'est la chenille au papillon : une forme inachevée, mais pleine de promesses, de la belette que nous souhaitons bien sûr, de première catégorie (cf. précédent numéro pour les étourdies qui en auraient déjà oublié le contenu ou les impardonnables qui auraient omis de le lire). Pleine de promesses, disais-je, à moins qu'un vilain crapaud ne vienne l'embrasser sur la bouche et ne la transforme en hétérote à jamais perdue pour la cause ou, l'espoir pouvant toutefois renaître, en belette de troisième catégorie. La guenon découvre en général aux abords de la puberté, que la vision de ses petites camarades de classe en maillot de bain au bord de la piscine municipale ne déclenche pas en elle, à l'instar des autres bécasses de sa tranche d'âge, de ricanements sournois voire assassins, mais un émoi incontrôlable qui la ferait passer sans mal pour une écrevisse tout juste sortie du court-bouillon. Gardant par-devers elle cette révélation brutale, elle tente désespérément, dans un premier temps, de lutter contre ce penchant honni par la communauté des biens-aimants, en s'essayant alors aux flirts avec les fils de crapauds, têtards boutonneux dont elle a toutes les peines du monde à supporter l'orifice buccal pourtant seul indemne de pustules. Quand, enfin, la répulsion dépasse la morale, la guenon entame sa métamorphose. Vient alors l'époque des premières amours, que je qualifierai d'ancillaires, compte tenu de leur propension à être électivement dirigées vers leurs professeurs, celles de français faisant l'objet d'un plébiscite quasi constant. La réussite de cette première étape décidant, en grande partie, de la classe de belette à laquelle elle appartiendra à l'issue de sa métamorphose, priez les belettes, que le latin ne soit plus une langue morte, qu'Hamlet décide enfin « d'être » et que les adeptes de Rousseau leur fassent bien des confessions. Ainsi, « tout ira bien dans le meilleur des mondes » ! |