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Cet été, pour éviter le traditionnel « édito-plage » façon Marie-Claire, les Fées changent un peu la formule. Caro prend un peu le large et me repasse le flambeau. Car ce mois-ci je voulais vous parler de nous. Non pas nous les lesbiennes (qui marchent sur la plage...), mais nous les intermittent(e) s du spectacle. Ben koi ? On peut bien cumuler les minorités, non ? Mais ce soir je suis triste et ma plume ne sera probablement pas aussi drôle que d'habitude. Parce que voir mes amis, mes collègues, contraints et forcés de scier la branche sur laquelle nous sommes assis, ben ça me fait mal. Que nous ayons à boycotter des festivals, refuser de montrer notre travail au rabais, mettre en coma prolongé les forces culturelles et artistiques de tout un pays pour attirer l'attention sur le fait que ces forces pourraient bien disparaître... ça m'fait mal. Mal à mon âme « d'artiste », mal à mon âme de femme qui voit souffrir le fruit de son flanc, mal à mon âme d'homo, qui sent tout au fond vibrer cette corde sensible de la non-reconnaissance, de l'exclusion pour délit de non-conformité... Je pourrais développer et vous raconter par le menu les nouvelles raffarinades de l'été. Je pourrais vous expliquer pourquoi dans deux ans il n'y aura plus un spectacle vivant (concert, théâtre ou autres) mais des CD et des DVD en images de synthèses. Je pourrais mais j'ai pas envie (mais comme je n'ai pas envie non plus de vous laisser dans l'ignorance, un petit lien à consulter ici). Je préfère me retrancher dans le silence de ceux qui sont en deuil. Du coup mon bel article sur les lesbiennes de l'été, ben ça sera pour la rentrée, une fois mon coup de gueule (f)estival passé. En attendant, pour se consoler de toutes ces annulations, il reste des Fées pour vous parler de plein d'autres choses : de l'effet que ça fait une première Gay Pride, de rencontres sur internet, de questions sans réponse, de guenons, de grands-mères (à ne pas confondre !), de frissons, de livres... mais aussi des histoires moins gaies, reflets de la violence des humains entre eux. Parce que l'été c'est pas juste la légèreté... Rendez-vous en septembre pour un nouveau numéro de Fées du Logis... et une rentrée sociale aussi chaude que ces deux longs mois ensoleillés ! |