Première pride !!!




« Alors, c'était comment ta première Pride ? », me demandent les potes quand je rentre au bercail... trop tôt. Ma réponse : « Génial ! »
Et oui, il faut le dire, j'ai adoré. C'était très impressionnant. Déjà, quand je suis arrivée à la gare, ça se sentait que c'était un jour pas comme les autres. Des gouines un peu partout, des gays aussi, les hétéros autour ne semblaient pas les voir, mais moi, j'les reconnaissais héhé.
Après un repas avalé vite fait avec Greluche et ses logeuses du moment, nous voilà place d'Italie. Plein de monde partout, ça sent la fête et le char des Popin Gays fait danser mes oreilles... Je le reconnais, au début, j'me sentais pas très à l'aise au milieu de tous ces gens, moi, la toute petite. Et puis, sur les côtés, certaines personnes un peu à l'écart de la foule qui nous dévisageaient telles des bêtes curieuses... pas très agréable tout ça.
Les chars démarrent, c'est parti ! Je rencontre les gens avec qui j'ai parlé pendant un an sur Internet, ça fait plaisir de pouvoir mettre des visages et des corps sur tous ces pseudos. On marche longtemps, sous une chaleur de plomb, c'est long... et puis ce truc dans mon œil qui m'a fait chier pendant tout le défilé il faut le dire ! Pourquoi il faut le dire vous demandez-vous ? Et bien tout simplement parce que ça me semble important que vous vous rendiez compte qu'une chose aussi petite qu'une poussière a réussi à m'empêcher d'être pleinement heureuse pendant cette première Pride et que c'est pas juste !
Autour de moi, les gens ont un sourire jusqu'aux oreilles, certains courent partout, d'autres dansent, sautent et puis il y a les calmes qui se laissent baigner par la foule. Ça me rend heureuse, les vêtements de toutes les couleurs un peu partout, les drapeaux arc-en-ciel qu'ils sont beaux ! J'en avais encore jamais vu de vrais, juste en photo.
Ca y est, c'est fini, nous voilà place de la République. Tout compte fait, c'est passé vite.
On va prendre un pot dans je ne sais plus quel bar, j'me suis endormie quelques minutes devant mon coca. Ben quoi ? C'est vrai, ça fatigue de marcher, surtout quand on n'a pas pu dormir la veille tellement on était excitée de venir à Paris !
Direction le restau chinois. Waow ! Nous remplissons presque en entier une salle à l'étage, il reste juste une table. Une vingtaine de gouines qui se remplissent le bide après avoir marché parce qu'elles sont fières d'être fières...
Ensuite, arrivée à la salle Wagram, c'est super grand et puis y'a des filles partout, des filles à perte de vue. C'est pas tout ça, mais j'suis un brin impressionnée, y a pas autant de monde dans ma cambrousse... cela dit, il fait sombre, y a de la musique, que demander de plus ? Le plus bizarre, c'est que ça me semble pas du tout bizarre toutes ces filles partout. Y a pas à dire, ça me change des soirées hétérotes où j'me sentais jamais vraiment à ma place... À une certaine heure, il commence à y avoir du rock et puis de la techno, que du bonheur ! Je débarque sur la piste, la fatigue des quelques heures auparavant s'est transformée en euphorie, danser, seulement danser en espérant que ça ne se terminera jamais...
Malheureusement, c'est terminé, me revoilà dans ma profonde campagne qui me paraît plus hétérote que jamais, loin de cet univers de festoiement, de gouines et de pédés. Mais les souvenirs sont là et je compte bien les faire revivre l'an prochain.