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Attention tout le monde, je vais parler de sexe (et voilà, je gagne dix lecteurs pour avoir dit que j'allais parler de sexe)... et ça risque d'être cru. Nan, même pas vrai, j'ai passé bien trop d'années au pensionnat et je suis beaucoup trop bien élevée. Néanmoins, quelque chose m'intrigue (et me consterne souvent aussi) : pourquoi les lesbiennes parlent-elles de sexe d'une manière aussi triviale ? Bon, j'abuse, je ne vais pas dire que c'est le fait de toutes les lesbiennes, mais j'ai pu constater que ça arrivait souvent. Je sais que c'est parce que la sexualité lesbienne a été tellement réprimée, et que maintenant qu'on a le droit de s'exprimer, il faut en profiter. Il y a quelque chose de cathartique à dire "chatte", "brouter", "bouffer-le-minou " (Je vous avais prévenus, ça chauffe), à le clamer et à le décliner tant qu'on peut. Mais si étrange que cela puisse paraître, je ne dis jamais de mots de ce genre, et il ne me semble pas être une coincée de première. Ce n'est pas que je n'y arrive pas, c'est juste que je ne pense pas à parler comme ça. Je ne crois pas souffrir d'une quelconque inhibition, quoiqu'en diront d'aucuns. Et quand je les entends ou quand j'entends parler de sexe de manière récurrente, je trouve souvent cela inapproprié et vulgaire. Alors voilà, pour une fois, je ne vais pas tenter de peser les pour et les contre de mon opinion. Je comprends que cela puisse libérer de parler de sexe à longueur de journée, et d'en parler lestement. Je comprends qu'on en ait besoin. Mais en fait ça me gonfle. Je trouve ça vulgaire. Ce genre de discours a tendance à me désoler. J'ai conscience d'être en minorité (tiens, c'est assez amusant, ça), mais je continue à râler (souvent seule, il est vrai, prière de ne pas se moquer). Vivent Madame H, Nadine de Rothschild et la reine d'Angleterre.
So, 78 ans, récente fondatrice du Comité de Salut Public pour la Pudibonderie , la Réprobation générale de la Vulgarité et la Critique des Discussions sur le Sexe. |