Deux féministes, deux misogynes, zéro possibilités


"La cuisine est une affaire trop sérieuse pour la laisser aux femmes", disaient-ils...et pourtant, ce dimanche matin, ils nous avaient laissé cuisiner. Les garçons sur le canapé, les filles dans les fauteuils, entre les deux "clans" (dans une logique, vous l'aurez finement observé, toute loftstorienne) ... le brunch. C'était un dimanche matin (14H30) comme un autre, mais étaient réunis deux féministes et deux misogynes. Pour vous spécialement, la recette de la discussion qui dérape.

Les femmes, la cuisine, ah, les femmes, les bonnes femmes, les gonzesses...ou la complainte de l'homme-victime. Pour ces deux garçons-là, 90% des femmes sont intéressées par le prestige social et l'argent - surtout l'argent. La litanie du babouin dominant (voyez Albert Cohen, que nous aimons toujours à citer) est venue se mélanger aux œufs coque et aux crêpes (pas terrible). Sur les 10 %, seule la moitié est épousable. Vous comprenez, l 'autre moitié est MOCHE. Les hommes se font avoir par les 90 % de mantes religieuses et se retrouvent sans comprendre comment, la corde au cou avec quatre gosses qui leur tournent autour en criant. La femme est femme, la femme est méduse, la femme est serpent (diable, nous voici de retour chez Adam et Eve...). Bref, la femme est "calculatrice" (nous citons). Les premiers temps, elle est délicieuse, enjôleuse, et quand elle a mis le grappin sur l'homme, elle se révèle intéressée et cupide. Et c'est mal, parce que quand elle quitte l'homme, elle lui brise le cœur et part avec son argent. En somme, elle a tout le pouvoir. C'est Barbie divorcée (cf. blague idiote en annexe)

À voir notre expression atterrée, ils nous demandent : "mais ça vous choque ?". Notre premier argument pour réfuter les leurs étant "pauvres types", nous tentons de répondre par quelque chose de plus construit qu'un lancé de croissants (on n'est pas des sauvages non plus). Les torts sont partagés, disons-nous. Les hommes intéressés, ça existe aussi. Par, euh, le sexe par exemple. Oui mais l'appât du gain, nous rétorque-t-on, c'est bien pire parce que l'instinct sexuel est naturel. La cupidité est perverse et représentative de la nature de la femme. Donc, un homme qui va vers une femme pour le sexe, c'est plus honnête parce que c'est instinctif. Mais pourquoi, demandons nous, l'appétit sexuel est-il moins blâmable que la cupidité? Et nous voilà sommées par les deux rhéteurs d'exposer nos valeurs et de les justifier. On rêve.

Oui mais voilà, ça ne leur prouve pas qu'ils ont tort. Le problème bien du fait qu'ils croient ne connaître que des méduses. Et les "5 % de femmes épousables", ils ne les choisiront pas, ils aimeront sincèrement, pas par calcul une femme belle, intelligente et plus riches qu'eux (pour être sûr qu'elles n'en veulent pas à leur argent) ? Là, les grand rhétoriqueurs ont fait preuve d'une seconde d'honnêteté intellectuelle : ils ne savaient pas quoi dire. Ce qui ressort de cette discussion, c'est l'amertume qu'ils ressentent à propos des femmes ; et la situation semble insoluble. Leur discours nous choquera toujours autant, parce qu'il est né de leurs réunions entre mecs, pas de la fréquentation des femmes. Faisons-leur une fleur et revenons encore une fois à Patrick Juvet : " Où sont les femmes-pas-les-intéressées-les-autres ? "



So et Agnès-pas-des-Fées



PS à l'attention de Sabine : "Nous ne formons pas un joli couple, nous ne sommes PAS un couple. Sophie n'est pas assez riche." "Quoi je suis pas assez riche ? Et toi, tu me briseras le cœur quand tu t'en iras avec mes 10 euros" d'économie.

Annexe : les garçons nous ont aussi raconté une blague. Alors c'est un Papa qui va acheter une Barbie pour sa fille. Le vendeur lui montre toutes les Barbies. "Alors vous avez Barbie à la plage, qui coûte 20 dollars, Barbie à la montagne, qui coûte 20 dollars, Barbie executive woman qui coûte 20 dollars, et Barbie divorcée à 150 dollars." Le père demande pourquoi 150 dollars quand-même c'est un peu cher, non? "Ah mais ,répond le vendeur, avec Barbie divorcée, vous avez la villa de Ken, le yacht de Ken, la voiture de Ken, le chalet à la montagne de Ken,...".