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En juin 1998, la chaîne de télé Arte s'était particulièrement illustrée en diffusant avant la LGP à Paris des téléfilms gays et lesbiens et notamment en programant une soirée Théma sur le sujet. Au cours de cette soirée, il y a eu plusieurs reportages sur la communauté homosexuelle dans plusieurs grandes villes du monde. Pour Paris, ils avaient interviewé plusieurs personnes de sexes et d'âges différents. C'est une femme assez âgée qui avait retenu mon attention. Elle avait parlé des difficultés qu'elle avait rencontrées durant sa traversée de ce siècle pour s'épanouir pleinement et vivre son homosexualité, découverte tardivement, de façon harmonieuse, des sacrifices consentis et du prix à payer à cette époque d'après-guerre, qui consistait à être répudiée quasi-systématiquement par la famille. Elle avait lutté durant des années aux côtés des féministes et paraissait vraiment courageuse et admirable. Le 20 juin, jour de la LGP, j'ai défilé derrière la banderole d'Amnesty International (groupe "droits des homosexuel(le)s") dont je faisais alors partie. Nous avions un stand salle Wagram pour le forum lesbien. En installant nos docs et nos T-shirts sur la table, j'ai aperçu alors la femme du reportage qui manifestement tenait aussi un stand. Je suis allée à sa rencontre pour lui dire que j'avais été très touchée par son témoignage. Du coup, elle était toute émue, elle m'a prise dans ses bras et m'a embrassée. Je me suis dit à ce moment-là que nous luttions pour plus de reconnaissance, plus de tolérance, pour que nos droits (les mêmes que tout le monde, non ?) ne soient pas bafoués, mais qu'avant nous il y avait déjà eu des batailles dans des conditions beaucoup moins enviables que les nôtres et tout ça avait servi à préparer le terrain. Alors, je lui ai dit merci. |