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Je vous ai déjà parlé des yeux. C’était les miens et leur défaut d’accommodation sans grand intérêt. Mais, j’ai encore envie de vous parler d’oeil, d’yeux, mais pas des miens, de ceux qui me fascinent, de tous ceux dont j’ai oublié la couleur, mais dont la trace est restée gravée sur ma peau. Ces yeux où soudain on aperçoit quelque chose de spécial, cette étincelle, ce cillement qui est un reflet du désir naissant. Je ne sais pas comment est mon regard à cet instant-là, mais celle qui est en face de moi me dit tant de choses d’elle-même que je sais immédiatement où nous allons ensemble. Il y a celle dont l’oeil, le gauche, se plisse, frise de toutes ses petites rides, attentive à toutes les sensations qui se réveillent en elle. Il y a celle dont les yeux rient en s’étirant vers les tempes, amusée par nos jeux à venir. Il y a celle dont les yeux caressent, la paupière ombrée de douceur, enveloppante de ses mains et de sa peau. Il y a celle dont les yeux s’étonnent dans un accent du sourcil, surprise et curieuse de tout. Il y a celle dont les yeux s’écarquillent, incrédule et désespérée. Il y a celle dont les yeux deviennent gourmands, la pupille grande ouverte, désireuse de tout dénuder, de tout toucher, de tout goûter, de tout boire... Et il y celle qui mélange tout ça dans son regard, qui donne tout, tout de suite et qui veut tout, tout de suite, avec l’urgence d’un désir qui explose et déborde son âme et son corps, et qui m’emporte sur une vague humide, torride et rafraîchissante. Regardez ses yeux et regardez-la avec ces yeux-là. |