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Cependant, bon nombre d'entre nous ont déjà vécu de ces sensations d'urgence du désir où tout notre corps appelle un contact immédiat, où la rencontre d'une inconnue déclenche une tension sexuelle que le moindre frôlement rend à peine supportable. Que faites-vous dans ce cas-là ? Vous prenez la fuite ? Vous vous traitez d'obsédée et vous résistez stoïquement ? Vous buvez jusqu'à ne plus sentir votre corps ? Vous goûtez de cette sensation avec délectation en vous disant que ce soir, peut-être, ou un autre jour ? Vous vous précipitez sur elle pour l'entraîner dans le premier coin sombre ou dans votre voiture (si elle est d'accord, bien sûr !) ? Pour ma part, j'avoue souvent hésiter entre les 2 dernières propositions, considérant que les voitures modernes sont vraiment trop exigües et que le plein air est déconseillé aux frileuses comme moi. Mais si un coin douillet et accueillant est accessible, pourquoi hésiter ? L'attente peut être un plaisir et un jeu subtil, mais la frustration n'est qu'une névrose que je refuse d'assumer. Et ensuite ? Le milieu lesbien, surtout en province, fait que vous allez sans doute être amenée à la revoir. Que va-t-il se passer alors ? Est-ce que le fait d'avoir fait l'amour ensemble, un soir (ou un jour d'ailleurs) est un engagement immédiat vers une relation amoureuse ? Est-ce qu'une fois le désir assouvi, tout disparaît et que cette femme peut s'effacer de votre vie ? Ces deux extrêmes sont à mon avis aussi loin de la réalité l'une que l'autre. Les circonstances vont bien sûr avoir leur mot à dire, mais assez souvent ce genre de rencontres se transforment, pour moi, en d'agréables relations d'amitié, parfois très profondes, et toujours teintées d'une complicité physique avec laquelle il est agréable de jouer. Il n'y a rien de romantique dans tout ça, et ça n'a rien à voir avec l'amour, mais tout à voir avec la complicité des corps et la tendresse et le respect vis-à-vis des femmes. Parfois aussi, les circonstances transforment cette rencontre en "rencontre d'un soir", mais que sait-on de ce qu'il serait advenu si on s'était revues ?
Pour donner plus de corps (c'est de circonstance !) à mes élucubrations, j'y ajoute ce petit morceau de "vécu" : bien sûr, ça s'intitule VITE ! ! ! Elles ne peuvent même pas attendre d'être dans l'appartement. Trois étages ? c'est trop long pour l'envie qu'elles ont de se toucher, de s'embrasser. Elles s'arrêtent à tous les étages, dans le noir, et leurs lèvres s'ouvrent, leurs langues se goûtent, leurs mains sentent la chaleur de la peau à travers tous ces vêtements superflus. Entre le 1er et le 2ème étage, leurs mains s'insinuent, se glissent sous les pulls, sous les t-shirts, touchent enfin cette peau. D'abord le dos, les mains sont froides encore du dehors, et la peau frémit, se rebelle, le poil se dresse. Mais l'envie est plus forte. L'envie de sentir la caresse des doigts qui dessinent l'épine dorsale, les paumes qui découvrent les muscles qui bougent sous la peau. Et leurs langues se boivent, se cherchent, se promènent sur leurs lèvres, glissent le long du cou, remontent goûter l'oreille et font vibrer tout le corps en se glissant à l'intérieur. Entre le 2ème et le 3ème étage, leurs souffles s'accélèrent. Les mains s'aventurent sur le ventre, vers les seins dont les pointes se dressent déjà et cherchent les doigts qui provoquent ce picotement chaud qui les gonflent encore. Les jambes faiblissent, tremblent, il faut s'appuyer contre la porte. Les corps se pressent, se frottent, les jambes se mêlent, les cuisses se caressent, les mains visitent les courbes des reins et des fesses. Chercher la clef, ouvrir la porte, entrer, refermer la porte. La soif les reprend si vite qu'elles n'ont pas le temps d'allumer et toujours debout contre la porte, leurs corps se pressent à nouveau. Mais cette fois les vêtements tombent les uns après les autres, et chaque parcelle de peau découverte est caressée, goûtée, embrassée, surtout ces coins tendres où la peau est sensible et frémit au moindre contact, les poignets, le creux du cou, l'aisselle et son goût de sel. Et leurs seins se rencontrent, se caressent, s'épanouissent ensemble. Les jambes s'écartent pour mieux sentir la pression de la cuisse qui se promène, caresse. Les mains deviennent plus pressantes, massent les fesses, les écartent, s'aventurent sous la ceinture pour toucher cette peau là aussi, se glissent entre les jambes pour une caresse plus précise. Le sexe vient à leur rencontre pour que la paume le moule et sente la chaleur qui se dégage à travers le tissus. Mais ce tissu-là est de trop aussi et, comme les autres, il tombe pour que la peau toute entière puisse respirer cette autre peau, pour que la bouche puisse y goûter toutes les odeurs, toutes les humeurs, pour que les mains puissent enfin visiter tous les replis chauds, humides et doux de ce sexe vivant, pour que les doigts et la bouche et la langue caressent enfin ce clitoris gonflé d'un désir urgent qui éclate en frissons sur toute la peau. |
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