Pourquoi je n'ai jamais mis les pieds dans les étriers !




J'ai songé l'espace d'une longue minute à rédiger ce texte sous un pseudo, songeant que mes amis et connaissances passaient régulièrement lire ma production littéraire sur le site des Fées, puis je me suis souvenue que, lors d'un réveillon, mon meilleur ami - la discrétion incarnée - avait expliqué à l'aimable assistance médusée que je me refusais à aller chez le gynéco. La honte ! Voilà c'est dit, la honte. Je ne vais pas vous faire croire que j'évite le sujet en société car il est fort heureusement rarement abordé, mais quand on en vient à causer de cette formalité médicale, je prends un air entendu. Il y a trois ans déjà, j'ai quitté les sentiers battus de l'hétérosexualité pour rejoindre le côté obscur de l'homosexualité, ainsi, j'échappe la plupart du temps aux récits des visites de mes copines chez le gynéco.

D'où vient cette phobie atterrante ? Peut-être d'une discussion entre ma grand-mère et ma mère durant mon adolescence. En effet, lorsque l'auteure de mes jours eut signalé à ma mamie abhorrée « que j'étais réglée », elle lui conseilla de « me faire examiner » au plus vite. La visite n'a jamais eu lieu. Plus tard, à ma majorité, j'ai tremblé sentant mon heure venue quand le dermatologue m'a annoncé qu'il devait me prescrire la pilule en complément du médicament criminel* destiné à soigner mon acné. A cette occasion, j'ai appris que n'importe quel médecin pouvait me faire prendre un contraceptif sans qu'aucun examen ne soit nécessaire et que, décidément, je n'étais pas enceinte. Pendant ce temps là, mes amies, à peine la première relation sexuelle consommée, se ruaient chez le gynéco pour un oui ou pour un non et aimaient à raconter avec beaucoup de détails l'examen. De mon côté, j'évitais aussi bien le gynéco que les relations sexuelles et je continuais à subir des tests de grossesse sans fondement. Puis mon destin est devenu plus agréable, j'ai assumé ma part obscure et j'ai rejoint la communauté de celles qui fuient le gynéco, enfin, c'est ce que je croyais. Jusqu'au jour où Mimi a abordé ce pénible sujet…

Il ne me reste que de mauvaises raisons pour éviter l'examen fatidique. D'abord, je suis très pudique et très vieille France (j'entends qu'on se moque…). Je suis de celles qui pensent qu'on ne couche que par amour et qui ne se déshabillent qu'au soir de leurs noces devant l'être aimée. OK, j'exagère un peu… rien ne m'oblige en effet à coucher avec ma gynéco si je ne l'aime pas :opppppp
De plus, le fait que ma petite maman me tanne régulièrement avec cela « ma fille, il faudrait te faire examiner » ne m'encourage pas à le faire. Si elle ne bannit pas cette expression de son vocabulaire, je songe à résister encore longuement.
Enfin, comme le dit mon amie avec sa sagesse du terroir, pourquoi aller voir le docteur si on n'est pas malade, hein ?

Agnès



* J'ai pris pendant quelques années un traitement très dur contre l'acné qui nécessite la prise de la pilule et des tests de grossesse mensuels. En effet, ce médicament peut être à l'origine de graves malformations chez le bébé. Voilà, j'ai cassé l'ambiance…



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