Libérons la lesbienne féminine ! ! !



« Jeune homme ?
* Retournement gracieux (si j'avais les cheveux longs, à la l'Oréal) et sourire enjôleur aux lèvres. *
- Mademoiselle.
- Oh, pardon. »

Eh oui, c'est arrivé. Moi qui me croyais parmi ces lesbiennes un peu androgynes, mais féminines, j'ai fini par me faire appeler jeune homme. Bon d'accord, ça fait un moment que j'ai abandonné la panoplie robes-maquillage et tout le reste, mais je me pensais encore reconnaissable en tant que fille, même en jean-basket et cheveux courts. Parce qu'avant, habillée ainsi, on m'appelait encore mademoiselle...
Au début, j'ai mis l'erreur sur le compte de la crétinité ambiante qui considère comme exacte la formule cheveux courts = individu de sexe masculin (y'en a, j'vous jure...). C'est quand une amie m'a surnommée « le travelo » toute la journée sous prétexte que j'étais plus féminine que d'habitude (maquillage, tee-shirt pastel et boucles d'oreilles), que j'ai sérieusement commencé à me poser des questions...

Quelques semaines plus tard (et quelques « jeune homme » aussi), j'ai revu une ex de la période jean-basket-mais-mademoiselle. Après une demi-heure à parler d'étendage à linge (on est pas fée du logis pour rien !!!), je finis par lui exposer mes questions hautement existentielles. Ce à quoi elle me fait cette réponse merveilleusement éclairante : « Effectivement, il y a en toi un je-ne-sais-quoi qui a changé. »

Et merde. On peut dire que ça m'avance !!! Le problème me taraudant l'esprit jour et nuit, je me penchai un peu plus sérieusement dessus. Et je suis arrivée à cette conclusion : au tout début (découverte de mon homosexualité etc. etc.), je m'efforçais de faire lesbienne. Cheveux en pétard, débardeur et tout le toutim. Bref, j'essayais, par un stupide préjugé et par besoin de me retrouver mieux intégrée (on dira ce qu'on voudra, mais une nana dans une boîte lesbienne avec une jupe, faut assumer), de gommer mon image d'hétéro de base. Sans faire illusion.
Et puis, tout est devenu naturel. Par un processus encore inconnu, je n'avais plus besoin de faire comme si, je l'étais. Je ne sais pas, c'est peut-être une histoire de maintien, un truc dans le genre.
Maintenant, je n'essaie plus de faire la lesbienne, j'essaie de me féminiser. Sans faire illusion non plus. En gros, j'avais voulu oublier ma féminité, elle s'est effectivement atténuée, et j'essaie de la retrouver.

Ce qui explique ces « jeune homme » à tout va et... mes bottes de pétasse bien cachées au fond du placard et mes délires en boîte à « faire les pouffes » avec les potes. J'aimerais bien assumer. Je suis super sexe en fille... Mais j'imagine la tête de ma copine si j'achetais cette petite jupe ras la touffe et cette robe 60's qui me font de l'oeil...

Et pourtant Dieu (Déesse ?) que c'est beau une nana en talons hauts et jupe...

Allez, les bonnes résolutions 2004 : recommencer, tout doucement, à laisser s'exprimer la femme qui est en moi...

Rêve d'étoile



 © 2004 feesdulogis.net