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Non. Ce qui m'intéresse voyez-vous, c'est ce que recoupe ce terme. On parle de fraternité, mais on dit surtout "l'âme sœur". Beaucoup la cherchent. Beaucoup l'espèrent, mais ne la recherchent pas vraiment. Certains, certaines n'y pensent même pas. Comment se rencontrer alors ? Imaginons un instant que l'âme sœur que vous recherchez soit justement une âme sans aucun soucis de profondeur ou de durée. Comment pourrez-vous la toucher ? Elle est hors d'atteinte, n'est-ce pas ? Mais vous vous laissez tenter. Vous espérez la magie d'un déclic soudain. Pourtant, elle n'est pas insensible, la belle âme. Pas sotte non plus. Et pas méchante du tout, il faut le reconnaître. Du coup, la voilà qui louvoie et se tortille, gênée aux entournures d'avoir suscité un si bel amour dont elle ne sait que faire. Il lui faut vite, vite, trouver une phrase, une explication à son désintérêt, sa lassitude consommatrice. Ce sera "je n'ai pas envie de m'engager", "je ne crois pas au couple et surtout pas à un couple de filles". N'avez vous jamais entendu cela ? Une petite de mes connaissances, pas loin d'ici, s'y est frottée et ça m'agace singulièrement. Il me semble parfaitement compréhensible de ne pas se sentir touché par le même amour que l'autre. On a le droit de ne pas aimer autant. On a le droit de ne plus aimer. C'est l'histoire de chacun. Mais ces dérobades, ça fait vilain dans le décor. Allons les filles, dites-le carrément : "j'me tire, ça me dit rien de rester plantée là, dans une histoire qui sent trop la popote. J'veux m'éclater, sortir, voir du monde, et toi, t'es pas le monde, t'es juste une 'tite mignonne qui m'avait bien plu". Ça fait mal ? Sans doute. Et ça fait peur de faire mal, certes. Personne n'aime ça. Mais on vit la vie que l'on peut, selon certains choix et certains impondérables. Nul ne vous en voudra. Il faut juste… un petit peu plus de courage. Et puis, j'ai un bon fond, il faut de l'indulgence. Avec soi-même en premier lieu. Oh, pas de l'amour à la mode de Narcisse, mais savoir qu'on a le droit d'avoir peur, d'hésiter, d'être mal dans ses baskets pour telles ou telles raisons. Qui est un surhomme, une surfemme? Qu'ils se fassent connaître, les pros de la relation sentimentale ! Il faut simplement dire ce qui est. Juste avoir, me semble-t-il, la force de se montrer sans masque, sans l'éternel recours au fallacieux prétexte de ménagements subtils. Ce ne se sont qu'aménagements bidouillés de la conscience et ça ne mène pas bien loin à long terme. Laissons donc aux
durs et fiers de l'être (ce qui est sûrement le pire), le gène de l'excuse
bidon, comme dit l'une de mes très proches, et essayons de faire
différemment, juste pour voir. |