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Comme chaque année, à moins que vous n’ayez le privilège d’être orphelin, vous venez de passer Noël en famille. Pour les gays garçons et filles, cette charmante petite formalité tourne bien souvent au cauchemar. L’enfer est pavé de bonnes intentions, voilà une maxime qui s’applique à merveille aux fêtes chez les miens. Cette année encore, je suis séparée de ma moitié, n’est ce pas l’année dernière que nous nous étions jurées que le prochain Noël nous le passerions ensemble malgré les hauts cris de nos familles respectives ? A ne pas en douter, ce sera le prochain. Je vais vous planter en quelques mots le décor. Mes parents encore unis sont au courant de ma déviance. Ils la tolèrent très bien et connaissent même ma petite amie. Ils gardent malgré tout le fragile espoir que tout cela ne soit qu’une phase et que bientôt je rencontre l’ingénieur de ma vie. Mais bon, ma petite maman en a pris son parti et cette année encore elle offre un cadeau à ma dulcinée ; si seulement elle pouvait une fois pour toute fixer son prénom et ne pas s’embourber dans un : « comment va euh hmm ». Après quelques discussions mouvementées avec mon frère, il a admis que mes parents avaient pu concevoir deux enfants homosexuels et que je n’étais pas obligée de redresser la moralité de la famille en épousant un médecin. Alors de quoi me plains je me dirai vous ? Des petites répliques de ma mère qui se fait des frayeurs : la fille du collègue de mon père peut avoir un petit ami ou….un petite amie. Clin d’œil appuyé à sa fille qui lui accorde son sourire le plus forcé. De son refus catégorique de parler des petits enfants que nous pourrions engendrer et des larmes qui lui montent immanquablement aux yeux quand nous nous remémorons les prénoms des gniards de mes poules pondeuses de cousines. De son avertissement tellement vain dans le dos de ma grand-mère octogénaire : « pour Mamie, M. n’est qu’une amie comme une autre ne l’oublie pas…» En parlant de la grand-mère, son regard inquisiteur sur la bague que j’ arbore fièrement à la main…. des questions qu’elle ne me pose plus sur ma vie privée…et encore moins sur celle de mon frère. Des détails que tout cela je sais. Ma petite femme va revenir exaspérée de son Noël archi familial où chacun de ses oncles et tantes lui aura demandé comment ça se fait que mignonne comme elle, elle n’ait pas encore son petit ami à table » sous le regard courroucé de ma belle-mère….hein comment ça se fait d’ailleurs? |